Affaire Bygmalion: Les insinuations de Sarkozy sur Copé

ENQUETE Lors d'une audition libre au début du mois, l'ancien chef de l'Etat aurait selon «L'Obs» enfoncé Jean-François Copé...

N.Bg.

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Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013.
Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Sept heures d’audition pour une insinuation. Interrogé le 4 septembre dernier en audition libre par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), Nicolas Sarkozy a laissé entendre que Jean-François Copé était peut-être un acteur de l’affaire Bygmalion, selon des révélations de L’Obs mises en ligne ce mercredi.

Pour rappel, l’affaire concerne un système de fausses factures mis en place pour permettre au budget de la campagne de Nicolas Sarkozy de ne pas exploser le plafond autorisé. Les fausses factures auraient été émises pour imputer les sommes à l’UMP et non au budget de la campagne. Les enquêteurs tentent notamment de déterminer comment cette vaste fraude a été mise en place, qui en a donné l’ordre et quand ce système a été décidé. Tout comme Jean-François Copé, qui était à l’époque secrétaire général de l’UMP, Nicolas Sarkozy conteste fermement avoir eu la moindre connaissance de ce système.

« Partout où est passé Jean-François Copé, il a pris Bygmalion »

Tout en niant « en bloc puis en détail », selon l’expression de L’Obs, avoir participé à la fraude ou même en avoir été au courant, Nicolas Sarkozy a insinué à deux reprises lors de l’audition une possible responsabilité de Jean-François Copé. Selon lui, si la boîte de communication Bygmalion a travaillé sur sa campagne, c’était en raison d’une « demande de Jérôme Lavrilleux et de Jean-François Copé ». Le même Lavrilleux, bras droit de Copé, qui avait tout déballé, les larmes aux yeux, à la télévision. « Partout où est passé Jean-François Copé, il a pris Bygmalion », aurait appuyé Sarkozy.

Pendant l’audition, un texto aurait été montré à Nicolas Sarkozy. Envoyé à son ancien directeur de campagne par Jérôme Lavrilleux, il indique : « Nous n’avons plus d’argent. JFC en a parlé au PR [Président de la République, donc Nicolas Sarkozy]. » Selon L’Obs, l’ancien chef de l’Etat aurait nié avoir été mis au courant de ces problèmes financiers. Et aurait ajouté : « J’ignorais que Jean-François Copé était tenu informé de mon compte de campagne par Jérôme Lavrilleux. Il ne m’en a en tout cas jamais parlé. Mais j’observe qu’il en parlait à Jean-François Copé. »