L'ouverture en débat à gauche

POLITIQUE Le chef de l'Etat a proposé à DSK d'être le représentant de l'Europe au FMI et à Lang d'intégrer une commission sur les institutions...

D'après AFP

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Le président Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il voulait que "Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI" parce qu'"il (lui) a paru être le plus apte à ce poste", dans une interview publiée samedi sur le site du Journal du dimanche.
Le président Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il voulait que "Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI" parce qu'"il (lui) a paru être le plus apte à ce poste", dans une interview publiée samedi sur le site du Journal du dimanche. — Stéphane De Sakutin AFP/Archives

Après avoir placé six personnalités de gauche dans son gouvernement et commandé un rapport sur la mondialisation au socialiste Hubert Védrine, Nicolas Sarkozy a fait de nouvelles avances à la gauche. Cible de l’ouverture : le sommet du PS. Dans un entretien au Journal du dimanche, le chef de l’Etat a confirmé qu’il allait proposer le nom de Dominique Strauss-Kahn pour diriger le FMI et celui de l'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang, «agrégé de droit public», pour «participer» à la commission chargée de faire des propositions pour réformer les institutions qui sera installée «dans les quinze jours».

Schramek et Carcassonne
Ces deux poids lourds du PS ne sont pas les seuls dans le collimateur du chef de l’Etat : d'autres personnalités de gauche sont également sollicitées comme le constitutionnaliste Guy Carcassonne, proche de Michel Rocard, et Olivier Schrameck, ex-directeur de cabinet de Lionel Jospin.

Une manœuvre politique, comme le lui reproche François Hollande?  Absolument pas ! répond le président de la République : l'ancien ministre socialiste des Finances est tout simplement «le plus apte pour ce poste» pour lequel il «faut avoir une forte crédibilité, une expérience incontestable, être polyglotte». DSK «a ces qualités. Lui et moi avons la même vision du fonctionnement du FMI». «Je n'ai pas demandé à Dominique Strauss-Kahn de ne plus être socialiste», dit-il. «Au nom de quoi devrais-je me priver» de la réflexion de Jack Lang, «sous le seul prétexte que cela déplaît à M. Ayrault?», président du groupe socialiste à l'Assemblée.

Au PS, le ton en effet monté cette semaine: Jean-Marc Ayrault a interdit à Jack Lang d'accepter unilatéralement l'offre du président qui avait déjà fuité, et le député du Pas-de-Calais avait claqué la porte de son groupe. Bertrand Delanoë a mis en garde contre les «arrières pensées» de Sarkozy qui veut «diriger» l'opposition.

Ouverture aussi aux Municipales?

Manuel Valls, député PS de l'Essonne, est moins tranché. Il faut distinguer «les simples débauchages des modestes mais véritables changements, telle l'attribution de la présidence de la commission des Finances à un membre de l'opposition», a-t-il dit au Parisien.  L’ancien porte-parole de Lionel Jospin entend «Tourner le dos à la 'vieille politique', c'est-à-dire la vocifération, et au rejet systématique de tout ce qui peut venir du gouvernement nous permettra d'être demain plus audibles", estime Manuel Valls, qui prône un «big bang intellectuel qui change en profondeur le PS».

Le PS devra agir vite : des responsables de l'UMP, Jean-Claude Gaudin et Jean-Pierre Raffarin, ont évoqué samedi une possible «ouverture» des listes du parti majoritaire au centre et à la gauche à l'occasion des municipales.

Que pensez-vous de l'ouverture à gauche menée par le chef de l'Etat? La discussion est ouverte?