Assemblée nationale: Le groupe PS sonne le rassemblement, pas les frondeurs

POLITIQUE Les députés socialistes sont toujours aussi divisés pour leur séminaire de rentrée…

Thibaut Le Gal

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Le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux (à gauche) et le Premier ministre Manuel Valls le 21 septembre 2015.
Le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux (à gauche) et le Premier ministre Manuel Valls le 21 septembre 2015. — AFP

Séminaire de rentrée pour les députés socialistes. « Au travail », a lancé Manuel Valls aux députés de la majorité en arrivant à l’Assemblée nationale ce lundi après-midi. Le groupe socialiste se réunissait à huis clos jusqu’à mardi midi en compagnie de plusieurs ministres pour faire un point sur les dossiers de la rentrée et les prochaines étapes du quinquennat.

« C’est la rentrée de la dernière chance, il ne faut pas la gâcher »

Certains espéraient que la rentrée serait le moment propice pour prendre de bonnes résolutions. A l’image de Christian Paul. « Le séminaire est l’occasion de se réunir pour une réorientation de la politique économique et budgétaire. Le parti parle désormais d’une seule voix. Nous sommes là pour le dire au Premier ministre, qui n’écoute pas la majorité qui s’exprime depuis des mois », a assuré le député frondeur de la Nièvre peu avant la rencontre. « C’est la rentrée de la dernière chance, il ne faut pas la gâcher », a-t-il ajouté.

Mais la réunion a, très vite, douché l’espoir des frondeurs. « D’emblée, le président de groupe a indiqué sa volonté de faire taire les critiques. C’était un peu militarisé, les conditions pour un débat sincère ne sont pas vraiment réunies dans ce type de débat », glisse un député frondeur à la sortie.

« Je ne discute pas avec les frondeurs »

« Nous sommes totalement solidaires dans l’action de redressement qui commence à porter ces fruits dans notre pays », a indiqué Bruno Le Roux, apportant au gouvernement le « soutien total et sans faille du groupe, en cette rentrée qui connaît une gravité particulière ». Le chef de file du groupe socialiste s’est notamment félicité de la réussite de la rentrée scolaire, « élément essentiel pour les Français », et les baisses d’impôts prévues pour 2016.

Manuel Valls a, lui, balayé les « inflexions » économiques souhaitées par l’aile gauche du parti. « Je ne discute pas avec les frondeurs. Je ne sais d’ailleurs pas ce que c’est. Je discute avec des parlementaires, avec des députés, avec des commissions », a-t-il lancé. « Nous dialoguons quand nous décidons de baisser une nouvelle fois les impôts, ou lorsque nous décidons de soutenir l’investissement dans les collectivités territoriales. Ce dialogue va se poursuivre », a-t-il assuré.

Le chef du gouvernement a toutefois rappelé la ligne politique. « Le cap est maintenu, sur le pacte de responsabilité. Il faut de la visibilité, de la constance et de la cohérence. Les Français sont favorables aux réformes, nous demandent de tenir bon », a-t-il développé. Le chef du gouvernement s’est dit persuadé d’avoir une majorité à l’Assemblée pour voter le brûlant budget 2016, sans avoir à passer par le 49-3 : « Je n’envisage pas un seul instant avoir à recourir à un droit constitutionnel, j’ai confiance dans l’esprit de responsabilité. »

« Il faut arrêter les provocations »

« Cambadélis devrait assumer une certaine évolution des institutions, et ne pas être uniquement le porte-parole du gouvernement », a lancé Laurent Baumel. « La politique gouvernementale déchire aujourd’hui la gauche ». Manuel Valls en a profité pour rappeler à l’ordre son ministre de l’Economie, après ses déclarations sur les fonctionnaires : « Les ministres doivent pleinement se concentrer à leur tâche […] et ne pas provoquer de débats inutiles. »

Emmanuel Macron sera d’ailleurs présent mardi, pour la seconde journée de séminaire. « Au-delà des choix budgétaires, ce type de discours continue à fracturer la gauche. Il faut arrêter les provocations », a demandé Laurent Baumel. « C’est quand même une période curieuse. Etre moderne à gauche, c’est avoir des idées de droite », a lancé le député frondeur. La journée de mardi promet.