Statistiques ethniques: Marine Le Pen préfèrerait les «vrais chiffres de l'immigration»

DEMOGRAPHIE La leader frontiste réagissait aux propos de François Fillon, désireux de faire «sauter» ce «tabou»...

N.Bg. avec AFP

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Marine Le Pen près d'Amiens le 20 septembre 2015.
Marine Le Pen près d'Amiens le 20 septembre 2015. — Sarah ALCALAY/SIPA

Marine Le Pen (Front national) a accueilli avec scepticisme la proposition de François Fillon de « faire sauter » le « tabou » des statistiques ethniques, estimant que « ce que l’on doit demander », ce sont « les vrais chiffres de l’immigration ».

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« Le débat sur les statistiques ethniques a toujours été lancé pour préparer à la discrimination positive. On veut faire des statistiques ethniques pour pouvoir soi-disant réévaluer les politiques publiques au bénéfice de l’immigration », a déclaré la présidente du Front national lundi sur France 2.

Ne pas mettre « dans le même sac » les Ultramarins et les étrangers

« Les statistiques ethniques, c’est quoi ? C’est comme aux Etats-Unis, on marque sur votre carte d’identité "noir" ? Moi, j’avoue que cette racialisation en quelque sorte de la politique ne me va pas », a poursuivi Marine Le Pen. A noter qu’il n’y a pas de carte d’identité aux Etats-Unis, et que les passeports n’y indiquent pas la couleur de peau. « Je n’ai pas envie que soient mis dans le même sac des Français d’Outre-mer par exemple, nos compatriotes, et des gens qui sont sur le territoire et qui viennent de pays étrangers, des Maliens ou autres. Je crois que ce n’est pas sain ».

« En revanche, ce que l’on doit demander, et ils ne l’ont pas fait, les UMP, lorsqu’ils étaient au pouvoir, c’est les vrais chiffres de l’immigration, les vrais chiffres du nombre des doubles nationaux dans notre pays », a-t-elle souligné. « Commençons donc par ça et on aura déjà beaucoup avancé dans la clarté qui est nécessaire sur ce sujet qui est un sujet évidemment particulièrement sensible ».

Les statistiques ethniques, qui permettent de connaître le nombre et les origines des étrangers ou des personnes d’origines étrangères résidant dans l’Hexagone, ne sont pas autorisées en France.