Propos de Macron sur les fonctionnaires: A gauche on s'étrangle, à droite on ironise

POLEMIQUE Le ministre de l'Economie a mis le le feu aux poudres en remettant en cause le statut de fonctionnaire...

J.S

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Emmanuel Macron à la sortie de sa voiture dans la cour de l'Elysée, le 16 septembre 2015
Emmanuel Macron à la sortie de sa voiture dans la cour de l'Elysée, le 16 septembre 2015 — Jacques Brinon/AP/SIPA

Après ses propos sur les 35 heures devant le Medef au mois d’août dernier, Emmanuel Macron a de nouveau décidé de faire parler de lui en lâchant une petite phrase polémique dont il a le secret. Cette fois c’est la fonction publique qui a été la cible du ministre de l’Economie. Lors d’un débat public avec le Think Tank temps réel, le locataire de Bercy a déclaré que le statut des fonctionnaires n’était « plus adéquat » et « plus justifiable ». Une bombe qui a fait réagir autant à droite qu’à gauche.

L’aile gauche du PS furieuse

A la gauche du PS on s’étrangle. Emmanuel Macron, qui ne paie pas ses cotisations au parti socialiste, n’a jamais été en odeur de sainteté chez les frondeurs et leurs sympathisants. Les positions libérales du ministre de l’Economie sont trop connues et ses dernières déclarations sont prises comme autant de provocations insupportables. Réunis à la Mutualité pour un conseil national du PS, plusieurs membres du parti ne ne se sont pas génés pour descendre en flammes l’ancien banquier d’affaires de Rothschild.

Le député Laurent Baumel a rappelé que Montebourg avait été viré « pour moins que cela ». « Emmanuel Macron s’est un peu spécialisé dans des provocations consistant finalement à utiliser la rhétorique et des mots de la droite » a-t-il ajouté. Et Yann Galut d’appuyer les propos de son collègue à l’Assemblée nationale « Reprendre une fois de plus des propositions qui sont de droite, des mots qui sont de droite, eh bien, je pense que c’est irresponsable de la part du ministre de l’Économie »

La sénatrice PS Marie Noëlle Lieberman a elle remit en cause l’autorité de François Hollande et Manuel Valls sur le ministre « La stratégie d’Emmanuel Macron est bien connue. Pour cacher les échecs et l’absence de résultats de sa politique, il se détourne de sa mission de ministre et il fait de la provocation permanente à gauche. Et à chaque fois, Hollande, Valls recadrent (le ministre). Mais où est l’autorité ? »

Et tout ce monde de demander en cœur la tête de Macron ou tout du moins sa démission.

La droite dénonce une publicité à peu de frais

Chez Les Républicains on a chargé le porte-parole du parti Sébastien Huyghe de mener l’attaque contre le Ministre de l’Economie. Sur l’air d’« Il vole nos idées et il n’assume pas », le député du Nord a reproché au locataire de Bercy de braconner « dans les idées des Républicains pour se faire une publicité à bon compte » avant d’ajouter que « Les déclarations de Macron ne sont jamais suivies d’effets pires, elles sont toujours suivies d’un rétropédalage de leur auteur après que celui-ci a été tancé plus ou moins vertement par François Hollande ou Manuel Valls, gardiens de la doxa socialiste ».

Eric Woerth a dérogé à la ligne du parti puisqu’il a carrément félicité le ministre de l’Economie pour ses propos

 

De son côté, le président de l’UDI, Jean-Christiophe Lagarde a invité Emmanuel Macron à rejoindre les rangs de son parti

 

De son côté Emmanuel Macron a tenté de clôre la polémique en assurant que « La vie vaut mieux que des petites phrases. Moi ces jeux-là ne m’intéressent pas, et donc vous ne me ferez tomber ni dans la langue de bois ni dans la provocation » dans le débat sur le statut des fonctionnaires. Pas sûr que cela suffise à faire taire les mécontents