Baisse des crédits de l'Etat: Les maires disent leur ras-le-bol dans la rue

ÉCONOMIE Des édiles de tous les partis politiques ont appelé à une journée d'action ce samedi...

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration. Une manifestation de maires à Clamecy (Nièvre), en mars 2008.
Image d'illustration. Une manifestation de maires à Clamecy (Nièvre), en mars 2008. — JEFF PACHOUD / AFP

« Stop à la baisse brutale des aides de l’Etat », est un de leurs slogans. Les maires français se mobilisent ce samedi pour alerter les citoyens sur les conséquences de la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales, qui aggrave leurs difficultés financières et met, selon eux, en danger les services publics.

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Devant l’ampleur de la fronde, François Hollande a appelé vendredi « tous les acteurs publics » à « faire des économies ». « J’ai été moi-même maire, président d’un conseil général, je sais ce que c’est de pouvoir animer un territoire avec des moyens qui sont forcément limités », a rappelé le chef de l’Etat.

Des élus, de toutes tendances politiques, ont appelé à cette journée d’action à l’invitation de l’Association des maires de France (AMF). Pour l’AMF et les principales associations du bloc communal, il y a « urgence à réviser le calendrier » et le volume de l’effort demandé aux communes.

Entamée en 2014, la baisse des dotations doit représenter d’ici à 2017 un manque à gagner de 15,8 milliards pour les communes.

« Une diminution de 28 euros par habitant en moyenne »

« Cette amputation est inéquitable, insoutenable pour les communes et intercommunalités et aura de graves conséquences sur l’activité économique dans les territoires », met en garde François Baroin (Les Républicains), le président de l’AMF.

A trois mois des élections régionales, la grogne des élus locaux tombe mal pour le gouvernement, qui a répondu partiellement à leurs préoccupations en annonçant la création d’un fonds doté d’un milliard d’euros pour soutenir les projets d’investissement que les collectivités ne parviennent pas à financer - dont 500 millions pour les zones rurales.

Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation, rappelle pour sa part que la baisse de la DGF (Dotation globale de fonctionnement) ne représente pour les communes « qu’une diminution de 1,84 % de leurs recettes de fonctionnement chaque année, soit en moyenne 28 euros par habitant ».

La Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) dénonce quant à elle une manœuvre de François Baroin, ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, et de la droite. « Ne soyons pas dupes des intentions de l’opposition qui souhaite faire de ce rassemblement une journée de contestation du gouvernement », écrit François Rebsamen, maire PS de Dijon. Aucun des grands élus socialistes ne devrait participer aux manifestations.

« Je suis en tant que maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole totalement solidaire de ce mouvement », a déclaré ce samedi matin Alain Juppé devant 200 élus girondins, dont quelques socialistes, venus protester devant la préfecture de la Gironde.