«Pas la bonne réponse au problème de la récidive»

CONTRE Bruno Thouzellier, président de l’USM (Union syndicale de la magistrature), estime que le projet de loi n’est pas la réponse adaptée…

Propos recueillis par Pierre Koetschet

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Bruno Thouzellier, président de l’USM (Union syndicale de la magistrature), estime que le projet de loi n’est pas la réponse adaptée au problème de la récidive.

Vous avez appelé le projet de loi un «texte d’affichage». Pourquoi?

Il y a d’abord un problème de présentation du texte. On le présente sous l’angle: «ça va tomber, les juges n’auront plus le choix des peines». Dans la réalité du texte, les juges conservent leur liberté d’appréciation, mais ce n’est pas ce que les gens comprennent. Nous considérons que c’est un acte de défiance des magistrats, qui est basé sur un postulat que nous contestons: le laxisme de la justice. Les juges ne sont pas laxistes, la preuve, il n’y a jamais eu autant de prisonniers en France.

Mais ce texte va permettre de lutter contre les maux de la justice française, en particulier le taux de récidive…

Non, Nous considérons que cela n’est pas la bonne réponse au problème de la récidive.  Le vrai problème, c’est celui de la non-exécution des peines. 40% ne sont pas effectuées faute de moyens. Il est là, l’encouragement à la récidive. C’est un problème matériel, et tant que cela ne sera pas réglé, les peines plancher ne seront pas plus exécutées que les autres. 

C’est le premier texte présenté par le gouvernement. C’est tout de même symbolique…

Que ce soit le premier ou le troisième, cela ne change rien. Nous ne sommes pas là pour contester ce que le Parlement vote. Mais nous pensons que ce texte ne va pas être une réponse efficace.