«La prison ne doit plus être l’école de la récidive»

POUR Jean-René Lecerf, secrétaire national à la justice de l’UMP, et sénateur du Nord, voit de nombreux avantages au projet de loi…

Propos recueillis par Pierre Koetschet

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Pourquoi soutenez vous le projet de loi de Rachida Dati?
Il y a de nombreuses raisons. Tout d’abord, ce texte répond à une attente de l’électorat. C’était un des sujets les plus médiatiques de la campagne de Sarkozy. D’autre part, je constate qu’il y a un fort taux de réitération d’infractions. Je pense qu’il y a un effet dissuasif de la sanction. Par ailleurs, je crois que c’est un texte équilibré, et qui ne remet pas en cause les principes généraux de la sanction pénale.

Les juges critiquent ce projet, estimant que le vrai problème, c’est le manque de moyen…
Les deux ne sont pas contradictoires. Ce n’est pas les magistrats qui font la loi, c’est le Parlement. Les magistrats sont chargés de l’appliquer. Ceci dit, je suis d’accord. Ce texte n’aurait pas de sens s’il n’y avait pas de manière parallèle une augmentation des moyens de la justice. Il faut que le budget de la justice continue d’être prioritaire.

Comment le gouvernement compte accompagner la réforme?
Ce texte sur la récidive et les peines plancher ne peut bien s’appréhender qu’en gardant en mémoire les deux textes qui vont nous être présenté avant la fin de l’année. L’ambition est de faire en sorte que la loi pénitentiaire ne soit pas une réforme quantitative, mais bien qualitative. Il faut que la prison devienne un lieu de réinsertion, et ne soit pas une «honte de la République». La prison ne doit plus être l’école de la récidive.