Le député PS Gérard Bapt souhaite retourner en Syrie à titre «strictement privé»

POLEMIQUE Critiqué par sa famille politique à l'occasion de son voyage en Syrie en février dernier, le député persiste et signe et déclare vouloir y retourner...

Anissa Boumediene

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Le député socialiste Gérard Bapt a déclaré vouloir retourner en Syrie.
Le député socialiste Gérard Bapt a déclaré vouloir retourner en Syrie. — P.PAVANI / AFP

La polémique, Gérard Bapt n’en a cure. Faisant fi des prochaines frappes françaises contre le groupe Etat islamique (EI) et de la pluie de critiques qui s’était abattue sur lui et trois autres parlementaires qui s’étaient rendus en mars dernier à Damas, le député PS vient de déclarer qu’il souhaitait retourner en Syrie.

« Nous avions fixé des lignes rouges »

En début d’année, malgré la rupture des relations diplomatiques depuis 2012 entre Paris et Damas, Gérard Bapt et Jean-Pierre Vial, présidents des groupes d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale et au Sénat, s’étaient rendus en Syrie avec le sénateur centriste François Zocchetto et le député UMP Jacques Myard. Une visite au cours de laquelle avait été organisée une rencontre avec Bachar al-Assad dans son palais présidentiel, à laquelle Bapt n’avait pas participé. De retour à Paris, sommé rue de Solférino de s’expliquer sur ce déplacement sans autorisation « officielle », le député socialiste s’était fait souffler dans les bronches.

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« Ce serait, si ça a lieu, un voyage strictement privé. Et je ferai en sorte d’éviter les dérapages dont j’ai été en quelque sorte victime au retour du précédent », précise-t-il. « Nous avions fixé des lignes rouges, qui n’avaient pas été respectées », a-t-il confié à propos de cette rencontre avec al-Assad.

Un voyage « humanitaire »

Il y a quelques jours, le député s’est entretenu avec Bruno Le Roux, président du groupe PS à l’Assemblée, et lui a « fait part » de son intention de se rendre en Syrie avec une « délégation humanitaire » afin « de rencontrer des autorités civiles, religieuses, humanitaires et d’évaluer les besoins ». « Bruno Le Roux a écouté ma requête et pris des notes », indique le député.

Echaudé par les conséquences de son premier voyage, Gérard Bapt a aussi envoyé une lettre au Premier ministre et demandé une « audience » à François Hollande. Et s’il part, il est prêt à emporter d’autres parlementaires dans ses bagages, mais « pas les mêmes que la dernière fois », assure-t-il, avant d’ajouter qu’il n’y aura « aucune rencontre avec des responsables du régime ». « Ce n’est ni une visite diplomatique, ni une visite politique », insiste-t-il. « Comme la première fois. J’avais exclu toute rencontre militaro-sécuritaire, y compris avec le président ».

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Mais, face à la situation militaire « très mouvante » et alors que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé mercredi que la France effectuerait ses premières frappes aériennes contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie « dans les prochaines semaines, dès que nous aurons des cibles bien identifiées », la date du voyage du parlementaire n’a pas encore été précisée.