Vers la fin des cabines de bronzage à UV?

LEGISLATION Le Sénat, contre l'avis du gouvernement, a interdit ces machines...  

20 Minutes avec AFP

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Une cabine de bronzage à UV en août 2007 à Paris
Une cabine de bronzage à UV en août 2007 à Paris — Thomas Coex AFP

Encore une fois, le Sénat, passé à droite l’an dernier, a voté contre l’avis du gouvernement. La haute-Assemblée a décidé dans la nuit de mardi à mercredi d’interdire à partir de 2017 les cabines de bronzage à UV en raison de leur dangerosité. Et ce, contre l’avis du gouvernement, qui devrait faire pression pour que cette disposition soit supprimée lors du retour du texte devant l’Assemblée nationale.

« Le rôle nocif de ces cabines, dans l’apparition des cancers de la peau, est scientifiquement établi par le Centre international de recherche sur le cancer », a déclaré le sénateur Jean-François Longeot (UDI-UC) en soulignant que « les cancers de la peau ont plus que doublé en dix ans ».

La ministre veut agir mais pas interdire

« La nocivité de l’exposition aux rayons UV est avérée et l’augmentation des mélanomes doit nous conduire à agir. Mais faut-il interdire ? », a demandé la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Elle a rappelé que sur les cabines, des règles existent depuis 1997 et qu’elles ont été renforcées en 2013. « Le projet de loi va plus loin encore, qui interdit les forfaits illimités, la mise à disposition des cabines à domicile, leur vente à des particuliers et impose la formation des professionnels », a-t-elle souligné.

Elle a aussi indiqué qu’avec plusieurs ministres de la santé elle a saisi la Commission européenne et qu’un groupe de travail a été mis en place. « En attendant ses conclusions, avis défavorable à interdiction complète des cabines », a-t-elle dit.

Considéré comme « cancérogènes certains pour l’homme »

Les députés pour leur part avaient voté l’interdiction de la publicité pour les cabines et les appareils de bronzage, ainsi que l’interdiction de leur mise à disposition pour les mineurs. Ils avaient aussi décidé dans le cadre de l’examen du projet de loi santé l’interdiction de la vente ou la cession, y compris gratuitement, d’un appareil de bronzage artificiel pour un usage autre que professionnel.

Tout comme l’exposition au soleil, les cabines à UV sont classés internationalement comme « cancérogènes certains pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). D’après une estimation publiée en 2012 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), les lampes à bronzage seraient responsables en France de 19 à 76 décès annuels par mélanome cutané.