Migrants: Sarkozy assume ses propositions

IMMIGRATION Le président des Républicains a de nouveau plaidé jeudi soir sur TF1 pour une nouvelle politique migratoire...

20 Minutes avec AFP

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L'ancien chef de l'État Nicolas Sarkozy à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), le 2 juillet 2015
L'ancien chef de l'État Nicolas Sarkozy à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), le 2 juillet 2015 — Anne-Christine Poujoulat AFP

Nicolas Sarkozy persiste et signe. Le président des Républicains a de nouveau plaidé jeudi soir sur TF1 pour une nouvelle politique migratoire, avec notamment un « statut de réfugié de guerre », refusé par la gauche, qui dénonce son « obsession frontiste », et Manuel Valls.

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« Le statut de réfugié de guerre existe dans une directive européenne depuis 2001, je propose son activation », a lancé le président des Républicains. Les réfugiés de guerre comme ceux venus de Syrie, contrairement aux réfugiés politiques, ont vocation à « retourner dans leur pays une fois la guerre terminée », a-t-il insisté.

« Le droit d’asile ne se découpe pas en tranches », lance Valls

Un peu plus tôt, le Premier ministre lui avait rétorqué que « le droit d’asile ne se découpe pas en tranches », récusant cette distinction entre « réfugié politique » et « réfugié de guerre ». Le statut de réfugié « n’est pas divisible », a également affirmé Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, sauf à ajouter « aux persécutions les incertitudes et la précarité d’une situation incertaine ». Nicolas Sarkozy « a peur d’être pris sur son extrême droite et il dit n’importe quoi », l’a accusé le ministre des Finances Michel Sapin.

Jeudi matin dans Le Figaro, l’ex-chef de l’Etat avait lancé une mise en garde contre « la désintégration de la société française », en l’absence d’une politique migratoire qui distingue entre « migrants économiques », « réfugiés politiques » et « réfugiés de guerre ». Nicolas Sarkozy estime également qu’il faut « renforcer - ce qu’a dit Angela Merkel et que n’a pas dit François Hollande - la lutte contre la fraude au statut de réfugié politique ».

« Je suis contre les quotas comme préalable »

Il y a chaque année « entre 50.000 et 80.000 » demandes d’asile politique, or, « 90 % des demandes sont refusées » mais seuls « 10 % (des demandeurs) sont reconduits ». « On est donc face à une situation d’une gravité extrême et compte tenu de l’afflux de réfugiés syriens, qu’il est dans notre tradition d’accueillir, il faut réduire considérablement l’immigration économique », a-t-il affirmé.

Nicolas Sarkozy a également affirmé qu’il fallait « revoir les conditions du regroupement familial, qui donne lieu aujourd’hui à des abus que notre société ne peut plus accepter ».

« Je suis contre les quotas comme préalable », a-t-il affirmé. Pour lui, il faut d’abord, avant d’accepter le principe de ces quotas, mettre en place « la même politique migratoire » dans tous les pays européens. « Schengen ne fonctionne plus », a-t-il redit.