Manuel Valls répond à Nicolas Sarkozy: «Le droit d’asile ne se découpe pas en tranches»

POLEMIQUE Le président du parti Les Républicains a fait polémique avec sa proposition de créer un nouveau statut de réfugié à part....

M.P. avec AFP

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Le Premier ministre Manuel valls à l'Hôtel Matignon, le 9 septembre 2015 à Paris
Le Premier ministre Manuel valls à l'Hôtel Matignon, le 9 septembre 2015 à Paris — Dominique Faget AFP

Après Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a décidé de répliquer directement à Nicolas Sarkozy, et à sa proposition de créer un statut provisoire de « réfugié de guerre ». « Le droit d’asile ne se découpe pas en tranches », a tancé Manuel Valls, interrogé lors d’une conférence de presse à Matignon.

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Le Premier ministre a estimé qu’il ne pouvait s’agir de distinguer « les réfugiés et demandeurs d’asile » entre eux, mais bien de distinguer « réfugiés et demandeurs d’asile d’une part » et migrants économiques de l’autre. Ces derniers devront être renvoyés dans leurs pays, proposition notamment défendue par la France et l’Allemagne au niveau européen.

« Le droit d’asile ne se découpe pas en tranches »

« Le droit d’asile, le droit d’accueillir les réfugiés, est un droit universel, est un droit international écrit dans l’ensemble des conventions qui régissent la communauté internationale » et « au coeur de notre loi fondamentale », a martelé Manuel Valls.

Jeudi matin, dans un entretien au Figaro, Nicolas Sarkozy a estimé qu’il fallait « aménager un véritable statut de réfugié de guerre qui n’existe pas formellement aujourd’hui », des réfugiés qui auraient vocation à retourner dans leur pays une fois la guerre terminée. « Le fait de savoir si demandeurs d’asile ou réfugiés veulent revenir dans leurs pays quand ceux-ci retrouveront la paix est une autre question », a précisé Manuel Valls. « Mais le droit d’asile ne se découpe pas en tranches », a-t-il insisté.

« Nous accueillerons les réfugiés ou demandeurs d’asile qu’ils soient chrétiens, musulmans, sunnites, chiites, yazédis. Ne rentrons pas dans un débat sur un tri, mot terrible », a plaidé le Premier ministre. « On ne peut pas être généreux à moitié », a-t-il conclu.