Législatives 2012: Le FN mis en examen pour complicité d'escroquerie

JUSTICE C'est Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti, qui l'a annoncé...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: une affiche du FN.
Illustration: une affiche du FN. — SERGE POUZET/SIPA

De très probable, la mise en examen du FN pour son financement est devenue effective ce mercredi. Le trésorier du parti et candidat frontiste aux régionales en Ile-de-France, Wallerand de Saint-Just, était entendu depuis ce mercredi matin au pôle financier dans l’enquête sur son financement et des soupçons d’escroquerie au préjudice de l’Etat lors des élections législatives de 2012.

Le parti frontiste est mis en examen en tant que personne morale pour recel de produits d’abus de biens sociaux et complicité d’escroquerie dans l’enquête sur son financement, a annoncé le trésorier du parti à sa sortie du bureau du juge.

Déjà six personnes mises en examen

Dans cette enquête, les juges soupçonnent des responsables du parti d’extrême droite, d’une entreprise amie, Riwal, et du micro-parti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, d’avoir mis en place un système de surfacturations lors des législatives de 2012 et d’avoir escroqué l’État, qui rembourse les frais de campagne. Riwal et Jeanne ont déjà été mis en examen dans ce dossier, ainsi que six personnes dont le vice-président du FN Jean-François Jalkh.

« Nous sommes innocents de toutes les accusations qui sont portées contre nous », a commenté devant la presse Wallerand de Saint-Just à la sortie de son audition. « Nous n'avons strictement rien à nous reprocher, ce dossier est d'un vide intégral, d'un néant absolu », a affirmé le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, sur iTÉLÉ.

Un dossier fragile

L’enquête a été fragilisée à cause d’un vide législatif, car le délit d’acceptation par un parti politique d’un financement provenant d’une personne morale, initialement retenu, n’était plus puni par la loi, une faille qui avait échappé au législateur, au parquet de Paris et aux juges d’instruction. Par la suite, le parquet a pris un réquisitoire supplétif pour demander la mise en examen du Front national, en tant que personne morale, pour les délits de recel d’abus de biens sociaux et de complicité d’escroquerie.

Cette mise en examen du parti d'extrême droite intervient à trois des régionales, où le FN compte ravir une à deux régions. Le parti d’extrême droite reste haut dans les sondages malgré ses ennuis judiciaires et le conflit persistant entre Marine Le Pen et son père.