Jean-Marie Le Pen jugé en février pour avoir qualifié de «détail» de l'Histoire les chambres à gaz

JUSTICE L'ancien président d'honneur du Front national est poursuivi pour contestation de crime contre l'Humanité...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Pen s'exprime lors d'une conférence de presse à Marseille le 5 septembre 2015
Jean-Marie Le Pen s'exprime lors d'une conférence de presse à Marseille le 5 septembre 2015 — BORIS HORVAT AFP

Jean-Marie Le Pen sera jugé le 10 février pour avoir répété ses propos sur les chambres à gaz, « détail » selon lui de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale, a décidé mercredi le tribunal correctionnel de Paris.

L’ancien président d’honneur du Front national est poursuivi pour contestation de crime contre l’Humanité. Il entend soulever son immunité de parlementaire européen, a indiqué son avocat, Me François Wagner.

Une suspension du FN

Condamnés par sa fille Marine qui lui a succédé à la tête du FN, ces propos, entre autres, avaient entraîné la suspension - ensuite annulée par la justice - de Jean-Marie Le Pen du parti qu’il a cofondé et longtemps incarné, puis son exclusion.

Le 2 avril, au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui lui demandait s’il regrettait d’avoir qualifié les chambres à gaz de détail, ce qui lui a valu d’être déjà condamné, Jean-Marie Le Pen avait répondu : « Pas du tout. Ce que j’ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la guerre, à moins d’admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz ».

Le journaliste l’avait alors relancé, demandant si « des millions de morts » pouvaient être qualifiés de « point de détail ». « C’est pas un million de morts, c’est les chambres à gaz », « Moi je parle de choses précises. Je n’ai pas parlé de nombre de morts. J’ai parlé d’un système. J’ai dit que c’était un détail de l’histoire de la guerre », avait répondu Jean-Marie Le Pen, 87 ans.

De nombreuses sorties sur le sujet

Les propos de Jean-Marie Le Pen intervenaient alors que sa fille s’est attelée à « dédiaboliser » le FN depuis son accession à la tête du parti en 2011. Ils avaient été vivement condamnés par la classe politique, y compris au sein du FN. Le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, avait immédiatement dénoncé une « provocation parfaitement inutile ».

La première des nombreuses sorties de Jean-Marie Le Pen sur le sujet remonte au 13 septembre 1987, quand il avait déclaré : « Je n’ai pas spécialement étudié la question, mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». Il avait réitéré ces propos en 1997 en Allemagne, en 2008 au magazine « Bretons », en mars 2009 au Parlement européen.