Le FN sous la menace d'une mise en examen pour financement illégal

JUSTICE Il est possible que Wallerand de Saint-Just soit mis en examen ensuite...

20 Minutes avec AFP

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Le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, le 13 février 2014 à Paris
Le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, le 13 février 2014 à Paris — Miguel Medina AFP

Le trésorier du Front national, Wallerand de Saint-Just, est arrivé mercredi matin au pôle financier pour l'audition du parti par les juges d'instruction dans l'enquête sur son financement, avec une possible mise en examen à la clé, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le parti peut aussi ressortir de l'audition sous le statut plus favorable de témoin assisté. Dans cette enquête, les juges soupçonnent des responsables du parti, d'une entreprise amie, Riwal et du microparti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, d'avoir mis en place un système de surfacturations lors des législatives de 2012 et d'avoir escroqué l'Etat, qui rembourse les frais de campagne.

Six personnes ont été mises en examen, dont le patron de Riwal, ancien leader du GUD (organisation étudiante d'extrême droite) et ami proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, et un vice-président du FN, Jean-François Jalkh, ainsi que deux personnes morales, la société Riwal et le microparti Jeanne.

Le FN nie tout en bloc

En cause dans cette enquête, des kits de campagne conçus par Riwal puis fournis par Jeanne aux candidats frontistes aux législatives, qui ont souscrit des emprunts auprès du microparti. Selon une source proche du dossier, les juges considèrent que le coût des kits, ouvert au remboursement des frais de campagne par l'Etat pour les candidats faisant plus de 5%, «était très largement surévalué». Les mis en cause contestent toute surfacturation et affirment que les prix ont été fixés librement.

Riwal est également soupçonnée d'avoir financé illégalement le FN et Jeanne par divers moyens, dont la mise à disposition de locaux et d'employés, le paiement d'une facture de plus de 400.000 euros et des crédits fournisseur sans intérêts. Là aussi, le FN conteste chaque grief.

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L'enquête a été fragilisée à cause d'un vide législatif, car le délit d'acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale n'était plus puni par la loi, une faille qui avait échappé au législateur, au parquet de Paris et aux juges d'instruction. Par la suite, le parquet a pris un réquisitoire supplétif pour demander la mise en examen du Front national pour les délits de recel d'abus de biens sociaux, mais aussi de complicité d'escroquerie dans le volet des remboursements de frais de campagne.