Marine Le Pen tente de capitaliser sur le «fardeau» de l'immigration

POLITIQUE Dans un discours d’une heure et quart qui a clôturé les universités d’été de son parti, la présidente du FN a fustigé « un pouvoir honteusement laxiste »…

20 Minutes avec AFP

— 

La présidente du Front Nationale, Marine Le Pen, lors des Universités d'été de son parti, à Marseille
La présidente du Front Nationale, Marine Le Pen, lors des Universités d'été de son parti, à Marseille — Claude Paris/AP/SIPA

Marine Le Pen a tenté dimanche de capitaliser sur le «fardeau» de l'immigration, au coeur d'une actualité brûlante, lors de son discours de clôture de l'université d'été du FN à Marseille, où Jean-Marie Le Pen a finalement renoncé à se rendre.

Devant environ 3.500 personnes, la présidente du Front national s'est livrée à une heure et quart de réquisitoire contre un «pouvoir honteusement laxiste», érigeant la crise migratoire comme numéro un des «gigantesques défis» que la France doit selon elle affronter. Elle a ainsi choisi de privilégier son discours national à celui de candidate aux régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

L’immigration… « un fardeau »

«L'immigration n'est pas une chance, c'est un fardeau», a tranché Marine Le Pen, sous les «Dehors!» et les «Retournez dans vos pays!» de quelques partisans.

Les frontistes sont persuadés d'avoir l'assentiment des Français sur ces thèmes, d'autant plus que, d'après un sondage Odoxa publié dimanche, 55% des Français estiment qu'il ne faut pas imiter l'Allemagne en assouplissant les conditions d'octroi du statut de réfugié aux migrants. «Notre pays n'a ni les moyens, ni l'envie, ni l'énergie d'être plus généreux avec la misère du monde», a assuré Marine Le Pen.

Après avoir parlé d'école, d'agriculture ou de santé et dépeint une France au bord de l'effondrement, elle a consacré la moitié de son discours à dénoncer cette «submersion migratoire et la déstructuration avancée de l'identité nationale».

« Mettre l’islam radical à genoux »

Ses partisans se sont levés pour l'ovationner lorsqu'elle a répété sa promesse de «mettre l'islam radical à genoux», formulée la semaine passée. Face aux «irresponsables politiques» peuplant selon elle le PS et Les Républicains, la dirigeante d'extrême droite a une nouvelle fois promis qu'elle et son parti étaient «prêts à gouverner».

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ont été comme à l'accoutumée deux de ses cibles favorites, mais aussi, fait plus rare, Alain Juppé. François Hollande était quant à lui pratiquement absent de son discours.

Lire aussi: Université d'été du FN à Marseille: «A ce train là, on n’y arrivera pas»

Quatre à cinq régions visées en décembre

Tournée vers son objectif des régionales de décembre, où elle vise «quatre à cinq régions», Marine Le Pen n'a évoqué que deux fois, et en filigrane, l'ombre qui planait sur le week-end frontiste: celle de son père, qui avait annoncé sa venue, mais qui, finalement, a regardé le discours de sa fille depuis son hôtel.

«L'heure n'est plus aux thématiques abstraites qui occupent les médias et intéressent vaguement les Français à l'heure du dîner», a dit celle qui s'est agacée tout le week-end des questions sur ce sujet.

Dans une phrase à double sens, Marine Le Pen a aussi conclu son discours d'un solennel «Une page se tourne», ajoutant: «Au-delà même de notre pays, le monde est à la fin d'un cycle et les défis qui nous attendent sont sans commune mesure avec ceux que nos parents ont eu à relever.»

En milieu de journée ont été annoncés à une assistance clairsemée, mais heureuse, les résultats d'un sondage Ifop pour la présidentielle 2017 dans lequel Marine Le Pen arrive en tête quelles que soient les configurations testées.