VIDEO. Succession de Rebsamen: Qui est Myriam El Khomri, la nouvelle ministre du Travail?

POLITIQUE L’ex-secrétaire d’Etat à la politique de la Ville vient d’être promue au ministère du Travail…

Anissa Boumediene

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Myriam el Khomri, le 19 mai 2015
Myriam el Khomri, le 19 mai 2015 — CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

C’est une nomination surprise. A 37 ans, Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, vient d’être nommée au ministère du Travail, où elle succédera à François Rebsamen, parti retrouver ses fonctions de maire de Dijon.

Une ascension fulgurante

Pour la jeune ministre, l’ascension est fulgurante. Née à Rabat (Maroc) d’un père marocain commerçant et d’une mère bretonne enseignante, Myriam El Khomri passe son enfance au Maroc avant de venir vivre en France. La jeune femme commence sa carrière à la mairie du 18e arrondissement de Paris et s’engage au Parti socialiste au lendemain du 21 avril 2002. Bertrand Delanoë en fait son adjointe dès 2008 et la charge de la protection de l’enfance puis des questions de sécurité. Enceinte de cinq mois et demi, elle intègre ensuite la garde rapprochée d’Anne Hidalgo, qui la choisit pour être l’une de ses porte-parole durant la campagne des municipales en 2014.

​En août 2014, elle intègre le gouvernement Valls II. Fraîchement nommée, Myriam El Khomri est alors une inconnue pour son nouveau patron, Manuel Valls, qui a à l’annonce du remaniement toutes les peines du monde à retenir le nom de sa nouvelle secrétaire d’État chargée de la politique de la Ville, qu’il écorche copieusement. Ce mercredi, le mini-remaniement annoncé par l’Elysée lui a valu une belle promotion. « Le président de la République, sur proposition du Premier ministre, a mis fin aux fonctions de François Rebsamen et nommé Madame Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social ».

Baisser la courbe du chômage

Sitôt nommée au ministère du Travail, Myriam El Khomri ne va pas chômer. Première mission à accomplir et pas des moindres : réussir à infléchir la courbe du chômage. "Je mesure la responsabilité qui est la mienne. Comptez sur ma combativité et ma détermination au service des Français #travail #emploi", a tweeté la jeune femme.

Un exercice sur lequel ses deux prédécesseurs, Michel Sapin et François Rebsamen, se sont cassé les dents.

Première préoccupation des Français, l’emploi est aussi un enjeu majeur du quinquennat : sans baisse « crédible » du chômage, François Hollande renoncera à se représenter en 2017. De quoi mettre une sacrée pression sur les épaules de la benjamine du gouvernement, à qui Manuel Valls et François Hollande accordent aussi une grande confiance.

Une nomination surprise

Personne ne s’attendait pourtant à cette nomination surprise. Parmi les noms régulièrement cités pour succéder à François Rebsamen figuraient ceux de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée, et du député PS des Hauts-de-Seine et proche de Martine Aubry Jean-Marc Germain. Plusieurs membres du gouvernement avaient également été évoqués : Emmanuel Macron (Economie), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Alain Vidalies (Transports).

Mais en quelques mois et au gré de ses nombreux déplacements dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville, Myriam El Khomri a su conquérir les foules, notamment sur les terres du FN. « Jai encore du travail, si on me laisse du temps », confiait-elle en juillet dernier au JDD. Du temps, le chef de l'Etat et celui du gouvernement ont décidé de lui en donner. Ils sont bien déterminés à profiter de popularité de la nouvelle ministre, qui pourrait être utile surtout à l'approche d'échéances électorales.

Dans la foulée de l’annonce de la nomination de Myriam El Khomri, l’Elysée a également dévoilé le nom de son successeur. Déjà aux commandes du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner reprend le portefeuille de sa collègue.