35 heures: Jean-Christophe Cambadélis aura avec Emmanuel Macron une «franche» explication

POLITIQUE Le discours d'Emmanuel Macron, jeudi soir à l'université de rentrée du Medef, sème la zizanie au sein du Parti socialiste…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis à son arrivée à La Rochelle où se tient l'université d'été du Parti socialiste
Jean-Christophe Cambadélis à son arrivée à La Rochelle où se tient l'université d'été du Parti socialiste — SIPA

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a assuré vendredi à La Rochelle qu’il aurait « en début de semaine » une « franche » explication avec le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, après ses propos sur la gauche et le temps de travail.

« Puisque Macron ne veut pas aller à Lagardère, Lagardère ira à lui. Donc je rencontrerai Emmanuel Macron en début de semaine et nous aurons une explication amicale, franche et déterminante sur un certain nombre de sujets. L’incident est clos », a affirmé Jean-Christophe Cambadélis, interrogé par la presse avant l’ouverture de l’Université d’été de sa formation.

Jeudi soir, lors du meeting de rentrée du Medef, le syndicat patronal, Emmanuel Macron a estimé que « la gauche a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans elle. (…) Que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C’était des fausses idées. ».

Valls obligé de réagir

Une allusion directe aux 35 heures qui passe mal au Parti socialiste. Manuel Valls, le Premier ministre à réagir. Il n’y a « pas de remise en cause du temps légal de travail et des 35 heures ».

« Le moins que l’on puisse dire est que cette phrase est une fausse bonne idée », a réagi le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, sur France Info.

« Bien sûr, (M. Macron) a du talent », a poursuivi le député de Seine-Saint-Denis. « Mais chacun des socialistes doit comprendre que dans cette situation de rentrée où il y a des inquiétudes, les Français ont besoin de sécurité. Donc que chacun fasse attention à ses propos. »

Les 35h, « une bataille historique »

Le député du Cher Yann Galut a été plus virulent. « La bataille de la réduction du temps de travail, c’est une bataille historique. Il a quelque part insulté Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et Martine Aubry », a-t-il rétorqué sur France Info, accusant Emmanuel Macron de « renier toutes les valeurs de la gauche » et demandant une « clarification » à Manuel Valls.

« Je croyais que Nicolas Sarkozy était de retour mais je n’avais pas compris qu’il était de retour au gouvernement », a de son côté ironisé Christian Paul, député de la Nièvre et chef de file des « frondeurs », sur iTELE.

Le Premier ministre Manuel Valls avait brandi l’article 49-3 de la constitution pour l’adoption de la loi dite « Macron » sur la croissance et l’activité, en raison de la fronde d’une partie du groupe PS.

Mardi, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis avait ironisé sur une possible attribution à Emmanuel Macron du portefeuille du Travail laissé vacant par François Rebsamen, recommandant de ne pas « surcharger » le ministre.