Deux journalistes français interpellés pour avoir fait chanter le roi du Maroc

FAITS DIVERS Eric Laurent et sa co-auteure Catherine Graciet auraient tenté d’extorquer trois millions d’euros au roi du Maroc en échange de la non-parution de leur livre…

H.S.

— 

Le roi du Maroc Mohamed VI, photographié le 30 mai 2014 victime d'une plainte d'un ancien officier
Le roi du Maroc Mohamed VI, photographié le 30 mai 2014 victime d'une plainte d'un ancien officier — Fethi Belaid AFP

Eric Laurent, écrivain journaliste, a été interpellé ce jeudi dans l’après-midi révèle RTL. L’homme aurait tenté de faire chanter le roi du Maroc, Mohammed VI, à hauteur de trois millions d’euros. En échange, Eric Laurent se serait engagé à ne pas publier un livre, supposément à charge contre le pouvoir marocain. Catherine Graciet, coauteur du journaliste, a elle aussi été interpellée pour les mêmes motifs, a confirmé dans la soirée à 20 Minutes le parquet de Paris.

Interrogé par RTL, l’avocat du roi du Maroc, Eric Dupont Moretti, a précisé : « Ils sont entendus par les services de police. Il y a suffisamment d’éléments dans l’enquête (…) pour que nous envisagions qu’ils soient jugés au plus tôt pour ces agissements que nous considérons comme particulièrement graves parce qu’il est vrai qu’il y a des conséquences géopolitiques qui n’ont pas été mesurées… ».

Rendez-vous surveillés par la police

Mercredi 26 août, une information judiciaire pour tentative de chantage et tentative d’extorsion de fonds a été ouverte par le parquet de Paris et trois juges ont été désignés sur commission rogatoire. L’affaire aurait commencé un mois auparavant lorsqu’Eric Laurent a sollicité le cabinet du roi du Maroc. Une rencontre est alors organisée avec un avocat marocain. Lors de ce rendez-vous, le journaliste aurait réclamé trois millions d’euros au représentant du roi en échange de l’annulation de la publication du livre. L’exécutif marocain a alors immédiatement décidé de porter plainte auprès du procureur de Paris.

Les rendez-vous suivants ont été surveillés et écoutés par des équipes de police. Les journalistes auraient alors réitéré leur offre et signé un contrat attestant d’une transaction s’élevant à deux millions d’euros. Les deux journalistes sont actuellement en garde à vue.