Un an après son arrivée à Bercy, pourquoi Emmanuel Macron reste populaire

ECONOMIE Depuis un an, le ministre de l'Economie incarne le tournant libéral pris par le gouvernement...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron en visite à Saint-Ouen, juillet 2015.
Emmanuel Macron en visite à Saint-Ouen, juillet 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Emmanuel Macron souffle ce mercredi sa première bougie à Bercy. Il y a un an, personne ou presque ne connaissait ce jeune trentenaire qui s’installait dans le fauteuil du ministère de l’Economie. Avec sa loi pour la croissance et l’activité notamment, l’ancien banquier a symbolisé le tournant libéral pris par le gouvernement Valls. L’énarque reste pourtant l’un des ministres les plus appréciés de l’opinion publique.

Popularité transpartisane

« Lors de son entrée dans notre panel en août dernier, 42 % des Français ne le connaissaient pas. Depuis, Emmanuel Macron a gagné une trentaine de points de notoriété qui se sont plutôt répercutés sur les bonnes opinions », explique Frédéric Dabi, directeur à l’Ifop. « Les Français lui reconnaissent des qualités de courage et de compétence. Il incarne également le concept de renouveau, un peu comme Bruno Le Maire à droite ».

Autre élément notable, selon le sondeur : la popularité transpartisane du ministre. « Elle s’assoit à la fois sur les sympathisants socialistes et Les Républicains comme c’est le cas chez Manuel Valls ou Alain Juppé ».

« Un atout pour Hollande »

« C’est quelqu’un de courageux, d’enthousiaste, franc du collier. Qui essaye de faire bouger le cocotier. D’un point de vue de la com’, il s’est bien débrouillé. Il apparaît moderne par rapport au reste du gouvernement et plaît notamment aux centristes et à la droite », reconnaît volontiers Julien Aubert, député Les Républicains du Vaucluse. « Mais on ne peut pas dire qu’il se soit bien débrouillé au Parlement. Il reste le seul ministre qui a eu recours au 49.3 pour passer un texte, c’est un aveu de faiblesse », ajoute son ancien collègue de l’ENA.

Emmanuel Macron est l’une des dernières cartes à jouer pour François Hollande. « Son énergie, sa volonté, sa créativité, sa capacité à sortir des sentiers battus font de lui un élément d’innovation dans le gouvernement », énumère le député PS Olivier Faure. « Indiscutablement, c’est un atout. Pas simplement parce qu’il est jeune et populaire, mais il donne le sentiment d’en avoir encore sous la pédale, de ne pas être fatigué par son année passée à Bercy ».

« Un bilan négatif », pour la gauche du PS

« Il a apporté de la fraîcheur dans l’analyse et du courage. C’est quelqu’un qui vient du secteur privé, qui a vu autre chose que l’administration », se félicite l’économiste libéral Jean-Paul Betbeze. « Il a pris quelques réformes concrètes dont l’économie française avait besoin ». L’économiste loue en ce sens la loi de libéralisation du ministre. « La loi Macron n’est pas une loi globale et théorique. C’est une addition de solutions, de réformes pratiques, que ce soit sur les autobus, les notaires, le travail le dimanche, le marché du travail, etc. »

Mais, le ministre de l’Economie fait figure d’épouvantail à la gauche du parti socialiste. « Son bilan est globalement négatif. Il a incarné à l’extrême la dérive libérale du gouvernement. Les résultats ne sont pas au rendez-vous, la croissance est atone, la reconquête industrielle n’est pas là », s’indigne la sénatrice frondeuse, Marie-Noëlle Lienemann. « Il ajoute aussi ce côté provocateur pour la gauche, une idéologie prônant l’épanouissement par le fric détestable du point de vue des valeurs ».