Sarkozy en Corse... Juppé à l'école: Rentrée en ordre dispersé à droite

POLITIQUE Tandis que les socialistes font une rentrée groupée à La Rochelle en fin de semaine, beaucoup de personnalités politiques de l’opposition sont dans les starting-blocks…  

Maud Pierron
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Alain Juppé, au festival du vin à Sauveterre, le 6 juillet 2015.
Alain Juppé, au festival du vin à Sauveterre, le 6 juillet 2015. — SIPA

Livres-programmes, entretiens, séminaire de réflexion… C’est la rentrée politique du côté de la droite, qui s’égaie en ordre dispersé, puisque les ténors sont en concurrence pour les primaires de 2016. Chacun son style et son timing pour attirer les regards des Français en attendant le 5 septembre, où tout ce petit monde se retrouvera pour la journée d’été du parti Les Républicains à La Baule. Avant cette photo de famille, 20 Minutes fait le point.

Sarkozy envoie des cartes postales

Après quelques semaines de repos dans le Sud de la France - avec la traditionnelle Une de Paris-Match à la plage-, Nicolas Sarkozy a refait parler de lui mi-août, dans une certaine solitude avec un entretien à Corse-Matin, alors que pratiquement tout le reste du personnel politique était en vacances. L’occasion de pilonner le gouvernement accusé d'être à côté de ses pompes sur la crise porcine, d'avoir loupé sa réforme territoriale, et qui « ment depuis trois ans » aux Français.

Notons toutefois que l’ex-chef de l’Etat est apparu dans un mode décontracté, barbe naissante et chemise ouverte pour ce qui est finalement plus une carte postale qu’une véritable et officielle rentrée politique. Avant de filer en Corse, il avait déjà donné le ton, avec un entretien au Parisien Magazine qui a surtout fait parler pour sa photo de Une (photoshopée).

Juppé cale sa rentrée sur celle des enfants

Pas étonnant pour le plus sérieux concurrent de Nicolas Sarkozy qui a décidé d’attaquer l’année en sortant un livre programme dédié à l’école. La semaine dernière, il a fait le buzz avec sa proposition d’augmenter les enseignants du primaire de 10 %, photo décalée à l’appui.


Son livre-programme sort ce mercredi et un long entretien dans Le Monde appuie les ambitions nationales du Bordelais. L’inévitable opération mea culpa par rapport à son passage catastrophique à Matignon en 1995 et « fendage d’armure » est en route. « J’ai changé », martèle-t-il. « Oui j’ai changé. J’ai appris avec l’expérience que j’en ai trop fait à cette époque », assure celui qui avait jeté des millions de Français dans la rue, précipitant la dissolution de l’Assemblée nationale. « J’ai envie d’être aimé », clame-t-il aussi. Bien placé dans les sondages, Juppé annonce son intention de changer de braquet : d’autres livres programmatiques sont annoncés, ses passages dans les médias se succèdent et il a lancé une quête de fonds auprès de donateurs potentiels d’envergure.

Fillon veut imprimer

Déjà l’an dernier, dans son fief sarthois, l’ex-Premier ministre avait tenté de faire de sa rentrée politique un événement. Et en privé il ne cessait de dire qu’il était très confiant par rapport à ses concurrents car lui était en avance au niveau programmatique. Sauf que ce turbin des neurones ne s’est pas traduit dans les sondages… Cette année, pour frapper un grand coup et prouver qu’il est prêt, François Fillon saute l’étape primaire et présente carrément les 100 jours de son quinquennat. Référendums sur la politique migratoire, règle d’or du budget, vacances supprimées pour les parlementaires, Fillon veut marquer les esprits. Il développe ce mercredi dans son fief de Rouez-en-Champagne tous les thèmes de ce « manifeste pour la France », base de son projet de société censé faire du pays « la première puissance en Europe » d’ici dix ans. Pour l’instant, sa stratégie des déclarations choc pour remonter la pente des sondages, notamment avec ses déclarations en mode passif-agressif vis-à-vis de Sarkozy, ne fonctionne pas.

Copé le revenant

Depuis son éviction de la présidence UMP, Jean-François Copé se fait discret. Il fait sa rentrée « sur la pointe des pieds » vendredi, nous apprend le JDD. Et ce, à l’occasion d'« un séminaire de réflexion » qui se tiendra à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), à huis clos. De toute façon, il n’était pas dit que les militants se seraient bousculés au portillon pour aller voir le député-maire de Meaux, qui incarne le scandale Bygmalion même s’il n’est pas poursuivi par les juges jusque-là. Mais comme en politique il n’y a pas de place pour les faibles, Copé montre les muscles… et laisse dire qu’il songe à se présenter à la primaire UMP de novembre 2016.

Morano cherche sa place

« Et pourquoi pas moi ? » Mais oui, pourquoi Nadine Morano ne pourrait-elle pas se présenter aux primaires 2016 de son parti, aux côtés de François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, voire Jean-François Copé ? Dans Le Parisien, la conseillère régionale des Républicains se justifie : « J’ai été élue deux fois députée dans une circonscription de gauche [en Meurthe-et-Moselle], ministre quatre ans et trois mois, quasiment un quinquennat. (…) Les gens se reconnaissent en moi, c’est ma force. Je veux les rassembler, parler au chef d’entreprise comme à l’ouvrier. Les autres, ils font semblant de connaître le peuple ». Au passage, elle glisse qu’elle en a marre d’être « sacrifiée » par son parti, du moins par sa direction, c’est-à-dire, Nicolas Sarkozy. En attendant, indéniablement, Nadine Morano sait mettre à profit l’été pour conserver un lien avec ses « fans » :

Nadine Morano fait savoir qu’elle bricole de temps en temps. - Nadine Morano/Facebook