Menacé de faillite le PCF veut louer une partie de son siège emblématique

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Menacé de faillite, le Parti communiste a décidé de proposer à la location deux étages de son immeuble parisien de la place du Colonel Fabien, conçu par Oscar Niemeyer et siège du parti depuis 36 ans.
Menacé de faillite, le Parti communiste a décidé de proposer à la location deux étages de son immeuble parisien de la place du Colonel Fabien, conçu par Oscar Niemeyer et siège du parti depuis 36 ans. — Eric Feferberg AFP/Archives

Menacé de faillite, le Parti communiste a décidé de proposer à la location deux étages de son immeuble parisien de la place du Colonel Fabien, conçu par Oscar Niemeyer et siège du parti depuis trente-six ans.


Sortir de l'ornière

Pour sortir de l'ornière, le trésorier du parti, Jean-Louis Frostin, a proposé lundi, lors de la réunion du Comité exécutif national, la location de deux des six étages du siège, imaginé en 1965 par l'architecte de Brasilia. «Proposition qui a été acceptée» par la direction, a-t-il expliqué mercredi à l'AFP.

A l'issue des élections présidentielle et législatives, «la situation financière du Parti communiste est tendue», mais «on n'est pas exsangue», a-t-il assuré.

Au début du mois, le PCF avait démenti des rumeurs sur une vente de son immeuble ultra-moderne du 19e arrondissement de la capitale, souvent visité et désormais classé. Le PCF s'y est installé en 1971, au moment où le parti entamait une politique d'ouverture et un an avant la signature du programme commun avec le parti socialiste et les radicaux de gauche.

Libérer deux étages

«On a l'intention de s'organiser de manière à pouvoir libérer deux étages, en se ramassant sur un peu moins de place», souligne M. Frostin, qui rappelle que certains personnels n'y travaillent actuellement «pas de manière permanente».


Ni Bouygues, ni Lagardère

«On est à la recherche de locataires intéressés» parmi des «structures professionnelles» ou liées à «l'économie sociale» (associations, mutuelles...). «On ne proposera certainement pas à Bouygues ou à Largardère», dit-il dans un sourire.

Le PCF n'a pas encore décidé quels étages seront proposés à la location. Le cinquième abrite actuellement les bureaux de la direction et la célèbre tapisserie de Fernand Léger (Liberté, j'écris ton nom).

L'immeuble s'appellera désormais «Espace Niemeyer», puisqu'il abritera le siège du PCF, mais aussi d'autres entreprises.

Le trésorier ne sait pas encore quelle recette il peut espérer de cette opération et, en fonction de celle-ci, proposera à la rentrée de septembre d'autres mesures portant sur la réduction des dépenses, en particulier une diminution du nombre des salariés permanents du siège (55 actuellement).

Souscription

Le parti va également lancer une souscription exceptionnelle de 300.000 euros pour renflouer ses fédérations.

Le maigre score (1,93%) à la présidentielle a en effet mis a mal les finances, déjà tendues, du PCF: après des dépenses totales de 5,5 millions, le PCF n'a eu droit qu'au remboursement par l'Etat de 800.000 euros.

Les législatives ont été moins catastrophiques : avec 4,3% des voix le PCF récolte 1,8 million d'euros auxquels s'ajoutent les indemnités des députés (15 au lieu de 19 dans l'Assemblée sortante) et des ressources liées à un groupe parlementaire (qu'il va devoir toutefois partager avec les Verts).

«On est très, très loin de la banqueroute», résume M. Frostin qui rejette les pronostics de commentateurs qui avaient vu dans les scores électoraux calamiteux et les ennuis financiers le signe avant coureur de la mort du PCF.

Parallèlement au parti, le quotidien «l'Humanité», dont le PCF est l'actionnaire de référence (à hauteur de 40%), est aussi face a une énorme crise financière: le quotidien «étudie» la vente de son immeuble à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), également oeuvre d'Oscar Niemeyer. Mais les finances du PCF et de l'Humanité sont totalement séparées et «il n'y a pas de flux financiers entre les deux», souligne M. Frostin.