Jérôme Kerviel: « Je suis ravi que des politiques s’emparent de mon cas »

INTERVIEW L’ex-trader était invité aux Journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts…

Propos recueillis par Audrey Chauvet
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Jérôme Kerviel aux Journées d'été d'EELV, le 22 août 2015 à Lille.
Jérôme Kerviel aux Journées d'été d'EELV, le 22 août 2015 à Lille. — A.Chauvet/20minutes

De notre envoyée spéciale à Lille (Nord)

Fête de l’Huma, done. Journées d’été des écolos, done. Jérôme Kerviel est accoutumé aux rentrées politiques mais refuse de prendre parti. « J’ai été invité pour intervenir sur le sujet de la finance et de la spéculation, ça me paraissait tout à fait normal de participer », explique-t-il humblement. S’il ne pense pas à prendre une carte dans un parti, Jérôme Kerviel entretient ses bonnes relations avec ceux qui ont fait de son cas un exemple des dérives financières qu’ils souhaitent combattre.

Pourquoi avez-vous accepté l’invitation aux Journées d’été d’EELV ?

Ca me fait plaisir d’être présent car Julien Bayou, Eva Joly et d’autres dans le mouvement m’ont aidé et m’aident encore à faire la lumière dans le cadre de mon dossier. C’était une évidence pour moi d’être ici.

Quand les écologistes disent à la tribune que votre combat est le leur, qu'en pensez-vous ?

On est entré dans un stade où le dossier qui porte mon nom me dépasse complètement. Les sujets sont tellement transversaux, ce sont des exemples de ce qui peut dysfonctionner dans la finance et cela concerne tout le monde. Aujourd’hui, mon dossier est derrière moi d’une certaine façon, la case prison est passée, maintenant mon combat est que la vérité éclate et que ça puisse mettre à jour les pratiques et les déviances financières.

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Est-ce important pour vous d’être soutenu par des politiques ?

Je suis ravi que les citoyens ou des personnages politiques de premier plan s’emparent de mon cas. Je n’avais pas conscience que ça mobiliserait autant, mais aujourd’hui je me sens beaucoup moins seul qu’il ya quelques années et ça fait un bien fou de voir que des gens, connus ou non, s’emparent du dossier pour qu’on puisse débattre plus largement des dérives du secteur auquel j’ai participé à une époque, dont je suis sorti et que j’essaye d’expliquer aujourd’hui.

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Les propositions d’EELV en matière de régulation de la finance vous semblent-elles crédibles ?

Tout à fait. On a parlé tout à l’heure, notamment avec Pascal Canfin et Eva Joly, de l’interdiction de certains produits, de la taxation des transactions financières… Même si c’est encore un combat très compliqué, car il y a un énorme lobbying pour ne pas y arriver au niveau français et européen, c’est un combat courageux qu’ils mènent, eux comme d’autres, et j’espère que ça aboutira un jour.

Vous pourriez un jour prendre une carte dans un parti politique ?

Ce n’est pas mon objectif actuellement. Je ne me place pas dans un angle partisan, mon opinion politique tout le monde s’en fout.