EELV: Cécile Duflot prépare sa candidature pour 2017

POLITIQUE Elle met tous les atouts de son côté pour une candidature à la présidentielle…

Audrey Chauvet

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Cécile Duflot aux Journées d'été d'EELV à Lille, le 21 août 2015.
Cécile Duflot aux Journées d'été d'EELV à Lille, le 21 août 2015. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

De notre envoyée spéciale à Lille (Nord)

Elle a envie d’y aller. C’est désormais un secret de Polichinelle : Cécile Duflot se prépare à être candidate à la prochaine présidentielle. Aux Journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts, qui se tiennent depuis jeudi à Lille (Nord), tout le monde sait que l’ex-ministre du Logement a réuni autour d’elle un petit groupe de soutiens qui préparent studieusement sa candidature en 2017. Peu visible dans les allées du campus de Lille3, Cécile Duflot prend du recul vis-à-vis de son propre parti : « Nous lui disons qu’il faut qu’elle aille voir d’autres gens que les militants écolos », confie Marine Tondelier, une des membres du groupe de fidèles qui planchent aux côtés de Cécile Duflot pour 2017.

Duflot se tourne vers l’extérieur

Cécile Duflot, « à côté de qui n’importe quel militant pouvait s’asseoir pour manger des moules-frites », blague Marine Tondelier, délaisse un peu les bancs d’EELV pour se tourner vers l’extérieur : intellectuels, politologues, chefs d’entreprise et bien d’autres l’éclairent sur le contexte politique, la vision de l’écologie des Français et l’image qu’elle renvoie. « Elle est prête à être confrontée à la réalité », estime la jeune militante. On sait, notamment, qu’elle travaille sur sa voix, parfois trop grinçante, et qu’elle est tout à fait consciente de ne pas être très populaire dans l’électorat.

Ce travail en sous-marin, initié au début de l’année, a été rapidement éventé dans la presse. « Elle maîtrise bien sa parole médiatique », commente un militant d’Ile-de-France qui a participé à plusieurs rencontres du groupe « Vital Michalon », nommé en hommage à un militant anti-nucléaire mort en 1977. « Elle donne l’image de quelqu’un qui a choisi de bosser en profondeur et qui a compris qu’une candidature tardive, pas professionnelle, faite dans des conditions rocambolesques comme cela arrive chez EELV ou tournée vers l’interne, ne peut plus se faire. »

Peu d’adversaires (déclarés)

Chez les militants EELV, personne ne blâme Cécile Duflot pour avoir préempté la présidentielle. « Elle est la candidate naturelle, estime Pascal Canfin, ex-ministre du Développement qui a quitté le gouvernement en même temps qu’elle. Tout autre scénario ouvrirait la porte au "Pourquoi pas moi", et se retrouver avec 14 candidats à la primaire, non merci. » La proposition de l’eurodéputée Michèle Rivasi, qui a pris tout le parti par surprise en début de semaine, d’organiser une grande primaire « du peuple écologiste » a peu de partisans. Mais l’élue européenne ne se démonte pas : « Oui, je suis prête à faire une campagne présidentielle, j’en ai fait tellement ! », s’exclame-t-elle. Si l’objectif premier de son « coming out » était de dépasser les bisbilles au sein d’EELV, elle n’hésite pas à tacler Cécile Duflot : « Si j’étais elle, je penserais qu’une telle primaire légitimerait plus ma candidature que d’être soutenue par un croupion au sein du parti », lâche Michèle Rivasi.

Néanmoins, les jeux semblent déjà être faits au sein d’EELV. « On se prépare mais on ne prédit pas qu’elle sera candidate », tempère Marine Tondelier. Tout dépendra du contexte et des éventuelles alliances. « Elle est plutôt dans une démarche de mise à disposition, elle ne force la main de personne », assure un de ses soutiens. Mais si Cécile Duflot arrive à concrétiser son envie de se frotter à la campagne présidentielle, elle pourrait bien utiliser son expérience pour rempiler et couper court aux tergiversations habituelles des Verts sur la désignation d’un candidat à l’élection présidentielle, qui ne leur ont jamais permis de dépasser les 5 %. « Sa candidature en 2017 renforcera celle de 2022 », espèrent ses proches.