Parti de gauche, Cap21, Nouvelle Donne…: Pourquoi se sont-ils alliés à EELV pour les régionales?

POLITIQUE Dans cinq régions, des listes rouge-vert se présentent aux régionales…

Audrey Chauvet

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Roubaix, le 11 f?vrier 2012. La candidate d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), Eva Joly, donne le premier meeting de sa campagne ?lectorale salle Wattremez.
Roubaix, le 11 f?vrier 2012. La candidate d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), Eva Joly, donne le premier meeting de sa campagne ?lectorale salle Wattremez. — M.LIBERT/20 MINUTES

De notre envoyée spéciale à Lille (Nord)

Ce n’est pas la résurrection d’Europe Ecologie version 2009 mais plutôt l’ébauche d’une gauche plus à gauche que les socialistes. Pour les élections régionales, Europe Ecologie-Les Verts, dont les Journées d’été se tiennent depuis ce jeudi à Lille (Nord) présentera des listes vertes et rouges dans cinq régions (Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et Ile-de-France). Aux côtés des membres d’EELV, on trouve sur ces listes des représentants du Parti de gauche, de Cap21, de Nouvelle Donne ou encore d’Ensemble, qui ont trouvé dans une alliance avec les écologistes le moyen de peser dans les élections locales.

Des chances de décrocher un mandat

Pour les petits partis, dont les finances ne permettent pas toujours de présenter une liste autonome, l’intérêt de s’allier avec un « gros » est d’abord très pragmatique. Avec à la clé la possibilité d’avoir des mandats : « EELV est un poids lourd en Ile-de-France avec 52 conseillers régionaux sortants, explique François Damerval, membre de Cap21, le parti de Corinne Lepage, en tête de liste dans l’Essonne. Pour nous, le rassemblement représente une chance d’être élu. » Pour lui, « les bases de programme communes » et « l’ouverture d’Emmanuelle Cosse », candidate à la présidence de région, ont facilité le rapprochement, peu critiqué à l’intérieur d’EELV.

 

?lang = fr" target = "_blank"> Ile de France : déclaration du Front de gauche sur l’élection régionale http://t.co/oRLYfAmmpM

 

— Ensemble ! (@Ensemble_FdG) July 30, 2015

 

Unis contre les socialistes

« Nous sommes dans une démarche de rassemblement où quatre partis politiques se mettent au service d’une dynamique citoyenne, c’est un rassemblement sur la base du projet », assure Corinne Morel-Darleux, porte-parole de la liste verte-rouge en Auvergne-Rhône-Alpes. Pour cette membre du Parti de gauche, l’alliance avec EELV ne vise pas à combler un déficit d’écologie dans son propre parti. Mais elle reconnaît que l’opposition au Parti socialiste et au gouvernement est un point de convergence fort : « La dénonciation des politiques menées par le gouvernement et l’autonomie vis-à-vis du PS sont des principes de base qu’on a en commun, tout comme le refus des politiques d’austérité, la critique de la réforme territoriale telle qu’elle a été menée, de refus des politiques productivistes qui sont menées… » détaille Corinne Morel-Darleux. Liêm Hoang Ngoc, de la Nouvelle gauche socialiste, ne dirait pas le contraire.

 

?lang = fr" target = "_blank"> — Arthur Nazaret (@ArthurNazaret) August 21, 2015

Pour certains, ces listes composites pourraient être les prémices d’un large rassemblement de la gauche pour les prochaines échéances électorales, qui pourrait s’élargir aux frondeurs du PS. Mais pour d’autres, cette addition de petits partis ne peut que diviser l’électorat de gauche et laisser le champ libre au FN pour remporter des régions, notamment le Nord-Pas-de-Calais et Paca. Du côté des militants EELV, on refuse de se laisser impressionner par une Marine Le Pen ou de cauchemarder d’un nouveau 21 avril. « C’est tellement risqué en Nord-Pas-de-Calais qu’on se dit que sur un malentendu, ça peut marcher, confie Marine Tondelier, organisatrice de Journées d’été et militante EELV dans le Nord. Mais pas en faisant une soupe de logos ou en vendant notre âme au Front de gauche. » Une équation difficile dont le résultat aux régionales est loin d’être assuré.