Saint-Cloud, le 29 janvier 1988. Jean-Marie Le Pen s'entraîne à la boxe.
Saint-Cloud, le 29 janvier 1988. Jean-Marie Le Pen s'entraîne à la boxe. — DERRICK CEYRAC / AFP

DECRYPTAGE

VIDEO. Crise au FN: La guerre entre les Le Pen ne fait que commencer

Exclu, jeudi, du parti qu’il a cofondé, Jean-Marie Le Pen a déjà annoncé qu’il ne renoncerait pas dans le conflit qui l’oppose à sa fille depuis cinq mois…

« Les chefs sont aux abris. Il n’y a que les fantassins ici… » Jeudi, devant le siège du Front national à Nanterre (Hauts-de-Seine), Jean-Marie Le Pen a usé de son habituel discours guerrier pour commenter le conflit qui l’oppose à sa fille Marine, depuis cinq mois.

Les faits : Jean-Marie Le Pen exclu du parti

Exclu du parti qu’il a cofondé, l’ancien soldat de l’Algérie française n’a pas changé de vocabulaire pour donner son sentiment sur sa défaite. Marine Le Pen « commandait au loin au téléphone le peloton d’exécution mais elle ne voulait pas en faire partie parce que ça fait vilain, c’est sale de tuer son papa… », a-t-il ainsi témoigné à l’issue du bureau politique.

Réaction : « C’est moi qui suis le Front national »

Mais le « Vieux lion » n’est pourtant pas mort hier soir. « Il est clair qu’il va de nouveau sortir les griffes », confie ainsi un de ses proches. 20 Minutes dresse la liste des batailles déjà cochées dans l’agenda familial…

  • 5 et 6 septembre : Marseille, la bataille de l’université de rentrée

Les gardiens du temple vont-ils en interdire l’entrée à son ancien gourou ? Les 5 et 6 septembre, le Front national organise son université de rentrée à Marseille (Bouches du Rhône). Exclu du parti, Jean-Marie Le Pen a pourtant annoncé qu’il s’y rendrait et tiendrait son rang « à [sa] place de président d’honneur ». « Il n’a pas à venir aux universités de Marseille », a taclé en réponse Florian Philippot, le vice-président du FN.

  • Dans les semaines à venir : Nanterre, la bataille devant les tribunaux

Par trois fois déjà, Jean-Marie Le Pen est parvenu à faire plier sa fille devant les tribunaux. Auréolé de ses succès judiciaires, le patriarche de 87 ans a d’ores et déjà annoncé qu’il allait déposer un nouveau recours pour contester son exclusion du parti.

Contacté par 20 Minutes, Frédéric Joachim son avocat, n’était pas disponible pour en donner les contours. Mais nul doute que cela se fera devant le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) qui lui a déjà donné raison ces derniers mois. A ce propos, le cofondateur du parti a déjà commencé à lancer les premières banderilles. « C’est vrai que Marine Le Pen a été avocate. Enfin pas très longtemps si l’on en juge ses derniers résultats… »

  • Décembre : Provence – Alpes – Côte d’Azur, la bataille des régionales

Pour l’instant, il n’en a pas « l’intention ». Mais si le conflit s’éternise, Jean-Marie Le Pen pourrait bien revenir sur sa décision de ne pas se présenter aux élections régionales en Provence – Alpes – Côte d’Azur. Pour l’instant, c’est sa petite-fille, Marion Maréchal - Le Pen, qui est tête de liste. Cette dernière, gênée aux entournures, prend d’ailleurs bien garde de ne pas intervenir dans le débat.

Si, à 87 ans, le « Vieux lion » estime que « [son] avenir politique est derrière [lui] », il a déjà changé d’avis plusieurs fois sur cette question durant les derniers mois.

  • 2017: L’Elysée, la bataille royale

La plupart des membres du Front national ne souhaitent qu’une chose : que le conflit s’apaise et qu’une solution soit trouvée. Mais Jean-Marie Le Pen n’est pas du genre à pactiser avec l’ennemi. Si le conflit s’éternise, il pourrait même – comme il l’a déjà évoqué – décidé de fonder une nouvelle formation politique.

« S’il y a une modification de ligne politique au FN, c’est une option crédible, annonce un de ses proches. Ce serait un moyen de faire entendre la voix des vrais patriotes… » Et si tel est le cas, on imagine mal le guerrier jeter l’éponge avant la présidentielle de 2017, d'autant qu'il a déjà dit qu'il n'était pas sûr de voter pour sa fille en 2017?