Crise au FN: Si vous avez raté le début de la guerre des Le Pen

DECRYPTAGE Convoqué, ce jeudi, devant le bureau exécutif du Front national, Jean-Marie Le Pen risque l’exclusion du parti qu’il a cofondé…

Vincent Vantighem

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Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2015, sur l'estrade du Front national lors du traditionnel défilé du parti d'extrême droite
Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2015, sur l'estrade du Front national lors du traditionnel défilé du parti d'extrême droite — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Oui, il nous emmerde… » Ce jeudi matin sur le plateau des « 4 Vérités » de France 2, le député Gilbert Collard n’a pas pris de gants pour donner son sentiment sur Jean-Marie Le Pen. En conflit ouvert avec sa fille depuis cinq mois, le cofondateur du parti est convoqué, ce jeudi, devant le bureau exécutif du FN qui pourrait l’exclure. 20 Minutes revient sur toute cette affaire…

  • Pourquoi est-il convoqué devant le bureau exécutif du FN ?

Tout a débuté le 2 avril au petit matin. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, Jean-Marie Le Pen assure qu’il pense toujours que les chambres à gaz sont un « détail de l’Histoire », phrase qu’il avait déjà prononcée en 1987 et qui lui avait alors valu une amende de 183.200 euros.

Alors que sa fille prend ses distances, le « vieux lion » enfonce le clou dans les semaines qui suivent. Dans une interview à l’hebdomadaire Rivarol, il prétend qu’il n’a jamais « considéré Pétain comme un traître ». Le 1er mai, il s’invite même sur la scène du FN lors du défilé en l’honneur de Jeanne d’Arc et entre en guerre contre sa fille dont il a « honte qu’elle porte [son] nom ». En tout, celui qui est toujours président d’honneur du FN doit, ce jeudi, répondre de quinze griefs devant la plus haute autorité judiciaire du parti.

  • Que risque-t-il ?

Déjà suspendu de son statut d’adhérent par ce même bureau exécutif le 4 mai, Jean-Marie Le Pen risque aujourd’hui « la suspension provisoire » de son statut de président d’honneur, « la radiation » ou « l’exclusion pour faute ou motif grave ». Une dernière option à laquelle Marine Le Pen est favorable.

  • Qui va le juger au sein du bureau exécutif du Front national ?

En conflit ouvert avec le cofondateur du parti, Marine Le Pen et Florian Philippot, le numéro 2 du FN, ont déjà annoncé qu’ils ne prendraient pas part à ce bureau exécutif pour ne pas être « juge et partie ».

La réunion sera donc présidée par Jean-François Jalkh, premier vice-président du FN. Il sera assisté dans cette tâche par Nicolas Bay, Louis Aliot, Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just et Marie-Christine Arnatu, cette dernière était une des proches du patriarche frontiste.

  • Dans quel état d’esprit se présente-t-il à cette audience ?

« Je suis prêt à faire ce que j’ai à faire », a-t-il déclaré. Depuis le début du conflit, Jean-Marie Le Pen a déjà remporté trois batailles judiciaires, allant jusqu’à faire annuler le congrès postal mis en place par sa fille dans le but de rayer des statuts la notion de président d’honneur dévolue à son père.

Si Jean-Marie Le Pen assure « qu’il voudrait bien que tout cela s’arrête », son avocat, Frédéric Joachim n’exclue pas de contester en justice la décision qui pourrait être prise ce jeudi après-midi. Dans un communiqué, le « Vieux lion » a même précisé qu’il allait devant ce bureau exécutif pour « administrer une leçon et non en recevoir une. »

  • Que pense Marine Le Pen de toute cette affaire ?

Gênée par son père dans sa stratégie de dédiabolisation du Front national, la présidente en a assez de ce conflit qui dure depuis cinq mois. Interrogée, elle assure que le plus important à ses yeux est aujourd’hui sa rentrée politique qu’elle fera le 29 août à Brachay (Haute-Marne) qui doit lancer sa formation vers les élections régionales de décembre auxquelles elle sera tête de liste dans la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie.