Prix de la viande: Le gouvernement demande aux industriels de respecter leurs engagements

AGRICULTURE Les deux principaux acheteurs de viande de porc en France boycottent le marché, jugeant le prix de la viande trop élevé…

L.C.

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Les deux principaux acheteurs de viande de porc en France ont boycotté le marché, jugeant le prix de la viande trop élevé, le 10 août 2015.
Les deux principaux acheteurs de viande de porc en France ont boycotté le marché, jugeant le prix de la viande trop élevé, le 10 août 2015. — Jean-Pierre Muller AFP

L’exécutif tape du poing sur la table, après le refus de deux groupes industriels d’acheter la viande de porc au prix fixé par le gouvernement. Le Premier ministre Manuel Valls a demandé ce mardi aux industriels de respecter leurs engagements en matière de prix d’achat aux éleveurs, lors d’une visite d’une exploitation agricole à Vauvert dans le Gard.

« Nous sommes (…) très mobilisés et nous suivons la situation des éleveurs, qui n’ont pas pu hier vendre leurs porcs à Plérin », a-t-il déclaré. « Nous suivons de près l’évolution des prix auxquels se sont engagés les industriels et la grande distribution et il faut garantir ce niveau de prix », a-t-il poursuivi.

Guerre des prix

Des accords sur le prix de la viande ont été conclus en juin et juillet derniers par les industriels, la grande distribution et les syndicats agricoles sous la houlette du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll.

Mais le groupe coopératif Cooperl et Bigard/Socopa, deux acheteurs majeurs de porc en France, ont refusé lundi de participer au Marché du Porc Breton (MPB) où le cours de la viande de porc est fixé chaque lundi et jeudi à Plérin (Côtes-d’Armor). Les deux entreprises jugent le prix du porc, fixé à 1,40 euro le kilogramme, intenable face à la concurrence.

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Le Premier ministre minimise la grogne

«Les responsables du marché du cadran ont décidé de ne pas ouvrir la séance. C'est le résultat d'une décision des professionnels bretons, ce n'est pas à ce stade représentatif de la situation nationale», a affirmé le chef du gouvernement qui s'exprimait au Mas de Madagascar, en marge d'une rencontre avec des représentants du monde agricole camarguais.

«Le marché du cadran est emblématique mais il ne représente qu'une petite partie des transactions dans ce domaine», a ajouté Manuel Valls, qui a tenu à apporter «une fois encore tout (s)on soutien» au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

«On doit sortir de la crise collectivement»

De son côté, le ministre de l’Agriculture a réagi ce mardi en défendant ce prix, « fruit d’un engagement commun et collectif. On doit sortir de la crise collectivement », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse, ajoutant que « chacun a une part de responsabilité ».

Concernant la prochaine séance de cotation du porc, qui doit se tenir jeudi, le ministre s’est montré optimiste, affirmant : « Il y aura un marché ». Le ministre de l’Agriculture a annoncé la tenue d’une table ronde fin août pour rassembler les professionnels des secteurs du bœuf, du porc et du lait et trouver des solutions à la crise de l’agriculture.

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