Gouvernement: Qui succédera à François Rebsamen au ministère du Travail?

REMANIEMENT François Rebsamen doit retrouver son fauteuil de maire de Dijon ce lundi et démissionner de ses fonctions de ministre le 19 août...

Céline Boff

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Le ministre du Travail, François Rebsamen 13/05/2015.Credit:ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
Le ministre du Travail, François Rebsamen 13/05/2015.Credit:ROMUALD MEIGNEUX/SIPA — SIPA

Au final, il cumulera les fonctions pendant neuf jours seulement. François Rebsamen s’apprête à retrouver ce lundi son fauteuil de maire de Dijon (Côte-d’Or) et devrait abandonner celui de ministre du Travail le 19 août.

Il a annoncé sa décision de revenir à la tête de la ville aux cent clochers le 30 juillet dernier, soit trois jours après le décès d’Alain Millot à qui il avait confié les rênes de Dijon en avril 2014, et s’en explique ce lundi dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France.

Rebsamen assure qu’il n’a « jamais envisagé de cumuler les charges de maire de Dijon et de ministre du Travail » et évoque « un immense quiproquo ». « J’ai juste souhaité quelques jours pour régler les dossiers et préparer un passage de relais convenable à ma ou mon successeur », ajoute-t-il encore.

Le nom du mari d’Anne Hidalgo est évoqué

Mais qui le remplacera rue de Grenelle ? Alors que Le Parisien-Aujourd’hui en France lui pose la question, Rebsamen se contente de répondre « la seule chose que je peux dire, c’est que cette fonction réclame d’être en contact permanent et en totale harmonie avec l’Elysée et Matignon ».

Sous-entendu : il serait malvenu de nommer à ce poste un frondeur. Car il le sait bien : placer au ministère du Travail un membre de l’aile gauche du PS est l’une des hypothèses actuellement étudiées par le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls. Pour l’exécutif, cette solution enverrait un message positif à l’électorat, à deux ans de la présidentielle.

C’est dans ce contexte que le nom du frondeur Jean-Marc Germain, 49 ans et mari d’Anne Hidalgo, est évoqué. Avantage : l’homme connaît bien le dossier, puisqu’il a déjà travaillé au ministère de l’Emploi dans les années 1990, lorsque Martine Aubry était en charge du portefeuille. Il a aussi été désigné en 2012 secrétaire national du PS en charge de l’emploi et du travail.

Reste que ce choix s’avère risqué, d’autant plus que le poste de ministre du Travail est l’un des plus difficiles en cette période de chômage de masse. Voilà pourquoi les noms d’Alain Vidalies, l’actuel secrétaire d’Etat au Transport, et de Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, circulent également.

Stéphane Le Foll en favori

Le premier a d’ores et déjà laissé filtré que l’emploi ne l’a « jamais laissé insensible ». Quant au second, qui est également le porte-parole du gouvernement, il semble avoir le profil idéal pour décrocher le poste de ministre du Travail.

C’est en tout cas l’avis de François Rebsamen. Dans le JDD, il avait insisté sur le fait que son successeur doit être quelqu’un « qui ait la ligne directe avec le président et le Premier ministre. Quelqu’un qui soit totalement en phase avec la politique économique du président » de la République, dessinant en creux, selon le journal, le portrait de Stéphane Le Foll.

En tout cas, le prochain ministre du Travail ne chômera pas. Alors que Pôle emploi a vu affluer plus de 200.000 demandeurs d’emploi supplémentaires depuis l’entrée en fonction de François Rebsamen, il lui restera moins de deux ans pour inverser durablement la courbe du chômage et ainsi permettre à François Hollande de respecter l’une de ses promesses de campagne.