François Rebsamen: Une démission et une longue liste des boulettes

POLITIQUE Son communication pour annoncer son intention de briguer la mairie de Dijon a été marqué par un couac. Un habitude pour ce proche du président, dont 20 Minutes fait la liste non exhaustive...

Jane Hitchcock

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François Rebsamen est ministre du Travail depuis avril 2014.
François Rebsamen est ministre du Travail depuis avril 2014. — Jean-Christophe Tardivon/SIPA

Le ministre du Travail François Rebsamen est proche parmi les proches du président François Hollande. Mais depuis son entrée au gouvernement, en avril 2014, l’ancien maire de Dijon, de nouveau candidat au mandat, cumule les couacs. Morceaux choisis.

  • Il se déclare candidat à la mairie de Dijon et annonce qu’il conservera son ministère

Jeudi 30 juillet. Le cabinet du ministre du Travail annonce : « Le 10 août, François Rebsamen sera candidat au mandat de maire et à la présidence de la communauté urbaine » de Dijon. Il veut succéder à Alain Millot, décédé lundi, à qui il avait laissé sa place lors de son entrée au gouvernement, en 2014. Dans la foulée de cette déclaration, François Rebsamen fait savoir directement à l’AFP que s’il était élu, il ne démissionnerait pas de son poste… avant que l’Elysée ne rectifie le tir. Si le ministre du Travail était élu maire, il serait « remplacé ». Principe de non-cumul d’une fonction ministérielle avec un mandat exécutif local oblige. La toile s’emballe.

  • Retraites : « S’il faut progressivement allonger la durée de cotisation, eh bien nous le ferons »

Mardi 16 décembre 2014. François Rebsamen déclare : « S’il faut progressivement allonger la durée de cotisation, eh bien nous le ferons, puisqu’il est normal que, quand l’espérance de vie s’allonge, on allonge proportionnellement les durées de cotisation ». Pagaille au sein de la majorité : cette déclaration explosive va à l’encontre de l’exécutif socialiste, qui a toujours été réticent à faire travailler les salariés plus longtemps.

La ministre de la Santé Marisol Touraine rassurera le lendemain : « Il n’y aura pas de nouvelle réforme des retraites ».

  • Economie : « Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale » ou l’interview dépubliée du ministre, qui taclait Michel Sapin

Vendredi 3 octobre 2014. Dans une interview qu’il accorde au magazine bourguignon Le Miroir, François Rebsamen affirme qu’il « se bat depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie », estimant que les Français « ont conscience qu’il faut adapter le système social » du pays en « renforçant les contrôles, en assouplissant les seuils, la législation sur les 35 heures, en autorisant le travail le dimanche ». Et il reproche au secrétariat national du PS de refuser « toutes ces avancées ». Publié à 7h du matin, l’entretien est retiré en milieu de matinée : « A 10h30, le cabinet de François Rebsamen a appelé le rédacteur en chef du Miroir, Jérémie Lorand, jugeant l’interview catastrophique pour l’image du ministre », écrit le site. Trop tard, les réseaux sociaux se sont emballés.

  • Chômage : Il « demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles »

Mardi 2 septembre 2014. Le jour de la rentrée et de l’application des rythmes scolaires. Au détour d’une interview sur i-Télé, François Rebsamen demande à Pôle Emploi de « renforcer les contrôles » pour s’assurer que « les chômeurs cherchent bien un travail ». Une sortie iconoclaste pour un ministre de gauche… qui provoque aussi un tollé chez les jeunes. Eva Giraud, 25 ans, est chômeuse depuis cinq ans malgré son BTS éditions et communication. Cette habitante de Rouen réagit à la provocation en publiant un livre, intitulé « Et si on se prostituait ? ». Le président Hollande serait agacé.

  • Chômage : Il refuse de commenter les chiffres

Jeudi 26 juin 2014. Tous les ministres du Travail en rêvaient, lui l’a fait et cela, moins de trois mois après son arrivée rue de Grenelle à Paris. François Rebsamen annonce sur iTELE qu’il ne commentera plus les chiffres du chômage : « Je me suis donné une consigne en arrivant -on peut s’en donner quelques unes- c’est de ne jamais commenter les chiffres mensuels du chômage. Mon prédécesseur [Michel Sapin] l’a beaucoup fait ».