Lagarde: une femme très compétitive

A Tourcoing, Thierry Butzbach

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Christine Lagarde et François Fillon visitent une filature textile à Tourcoing.
Christine Lagarde et François Fillon visitent une filature textile à Tourcoing. — Thierry Butzbach/20minutes

«Elle va y passer la nuit!» Mardi après-midi, François Fillon a taquiné Christine Lagarde à propos du projet de loi sur la compétitivité des entreprises qu’elle doit présenter mercredi matin en conseil des ministres. Nommée ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi en remplacement de Jean-Louis Borloo à la suite du remaniement annoncé mardi midi, l’ex-ministre de l’Agriculture a immédiatement été plongée dans le grand bain.

Dès le début d’après-midi, elle était du voyage du Premier ministre qui partait à Tourcoing, dans le Nord, visiter à 16h l’une des dernières filatures textile encore debout dans l’Hexagone. «Il n’y a pas de fatalité au déclin industriel de la France», a martelé le Premier ministre pour qui cette filature avait valeur de symbole, ajoutant qu’il entendait «se battre» pour préserver la compétitivité des entreprises françaises.

Eclipsés sur les coups de 17h

Christine Lagarde devrait donc se coucher tard pour finaliser le texte. Mais pas tant que ça. Car dans les grandes lignes, ce projet de loi reprend les principaux thèmes déjà avancés par Nicolas Sarkozy durant la dernière campagne présidentielle. Pour «libérer le travail», le texte devrait donc permettre une détaxation (pour les entreprises) et une défiscalisation (pour les salariés) des heures supplémentaires, et ce dès le mois d’octobre. «Nous sommes le deuxième pays de l’OCDE en terme de productivité horaire, mais le nombre d’heures travaillées à l’échelle du pays reste trop faible», ont expliqué en choeur le Premier ministre et la nouvelle tête d’affiche du gouvernement.

Un autre volet concernera la défiscalisation de la transmission du patrimoine et de certains investissements dans les PME. Le Premier ministre a par ailleurs annoncé qu’une réforme des universités interviendrait dès cet été. «Je veux que les chefs d’entreprise soient dans les conseils d’administration des établissement pour orienter la recherche», a-t-il précisé. Aucun taux ni aucun chiffre n’ont cependant été donnés par la ministre de l’Economie qui s’est éclipsée sur les coups de 17h en s’excusant. «Elle doit aller prendre possession de son ministère, où elle n’a pas encore eu le temps de se rendre», s’amusait le chef du gouvernement. À cause des bouchons de fin de journée, elle a pris encore un peu de retard.