Sarkozy et Fillon font de la place aux minorités visibles

Pierre Koetschet

— 

Rama Yade était reçue à Matignon le 17 mai 2007 lors des consultations de François Fillon. Elle est secrétaire nationale chargée de la francophonie à l'UMP.
Rama Yade était reçue à Matignon le 17 mai 2007 lors des consultations de François Fillon. Elle est secrétaire nationale chargée de la francophonie à l'UMP. — Reuters

Il y avait d’abord eu Rachida Dati en éclaireur. Propulsée garde des Sceaux, l’«étoile montante» de l’UMP avait mis rapidement le holà aux qualificatifs de «beurette se service». Elle avait lourdement insisté : si elle était là, c’était grâce à ses qualités.

«C'est un symbole fort»

Un discours que pourrait reprendre les nouvelles secrétaires d’Etat, Rama Yade, aux Droits de l'Homme et Fadela Amara à la Ville. «C'est un symbole fort: jusqu'à maintenant, les femmes issues de l'immigration n'avaient pas été mises en valeur ni appelées à des responsabilités», note Janine Mossuz-Lavau, politologue au CNRS et au Cevipof, qui relève l'habilité politique de Nicolas Sarkozy qui «remplit deux quotas d'un coup», la diversité et la parité.

«Rama Yade ne doit pas être un nouvel alibi, remarque Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires de France. Il ne faudrait pas que ce soit l'arbre qui cache la forêt.»

«Fadela Amara a été écoeurée de ne pas être investie»

L’arrivée de Fadela Amara est beaucoup plus controversée. Explication possible de son changement de bord: le PS n’a pas fait assez pour les minorités. «Fadela Amara a été écoeurée de ne pas être investie candidate PS dans la 21ème circonscription de Paris», explique à 20minutes.fr l’un de ses proches. «Le parti a envoyé les Faouzi Lamdaoui, Safia Otokoré et Malek Boutih au casse-pipe. Fadela va pouvoir enfin agir», estime celui qui reconnaît toutefois que «travailler avec Christine Boutin posera un problème à une militante de la laïcité comme elle». Car le gouvernement de Nicolas Sarkozy fait de la place à toutes les minorités, pas seulement les visibles.

Porte close à l’Assemblée

Le symbole de la reconnaissance de la diversité peine pourtant à se faire sa place à l’Assemblée nationale. Il est en effet plus facile pour les membres des minorités visibles d’être nommé par décision de l’exécutif que de passer par le suffrage populaire. Seule George Pau-Langevin a réussi à se faire élire en France métropolitaine. «Quand je faisais du porte-à-porte, des électeurs m’ont dit: «je ne voterais jamais pour un Arabe»,raconte Faouzi Lamdaoui».