Jean-Marie Bockel, le libéral du PS

— 

Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse (Haut-Rhin), qui vient d'entrer dans le nouveau gouvernement Fillon, a indiqué mardi qu'il s'attendait à être exclu du PS.
Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse (Haut-Rhin), qui vient d'entrer dans le nouveau gouvernement Fillon, a indiqué mardi qu'il s'attendait à être exclu du PS. — Patrick Kovarik AFP/Archives

La rupture entre Jean-Marie Bockel et le PS est aujourd’hui consommée. Après sa nomination dans le gouvernement Fillon 2 au poste de secrétaire d'Etat à la Coopération, le groupe socialiste a condamné mardi dans un communiqué le «débauchage» de du sénateur-maire PS de Mulhouse. Et d’ajouter qu’il «n'a plus de légitimité aujourd'hui à représenter les valeurs de la gauche auxquelles il a préféré une fonction gouvernementale subalterne».
 
Un précoce chez Fabius
 
L’histoire entre Bockel et le PS commence pourtant bien. Ancien benjamin du gouvernement Fabius (1984-1986), secrétaire d'Etat à 33 ans, puis ministre du ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, il préside depuis 2001 l'Association des maires des grandes villes (AMGV).
 
Secrétaire à 24 ans des Jeunesses socialistes du Haut-Rhin en 1974, cet avocat au barreau de Mulhouse est élu pour la première fois député du Haut-Rhin en 1981. Réélu en 1986 et en 1988, il retrouve en 1997 son siège perdu en 1993. Candidat malheureux aux législatives de 2002, il est élu sénateur du Haut-Rhin en 2004.
 
Dans l'intervalle, élu conseiller municipal de Mulhouse en 1983, il devient maire de la ville en 1989 et sera constamment réélu. Jean-Marie Bockel a également été conseiller général du Haut-Rhin (1982-1989 et 1994-1997).
 
Libéral revendiquant une «Gauche moderne»
 
Longtemps proche de Jean-Pierre Chevènement, dont il fut le porte-parole au sein du courant «socialisme et république» en 1987, Bockel incarne par la suite l'aile libérale du PS, comme l'indique le titre de son livre paru en 1999: «La 3e gauche - Petit manifeste social libéral». En 2001, il rend un rapport sur les moyens de simplifier la création d'entreprises, et fonde cette année-là le club «Gauche moderne».
 
La désolidarisation avec son groupe parlementaire arrive plus tard. Fin 2006 où il avait exprimé son désaccord avec le projet socialiste pour l'élection présidentielle, y voyant des «concessions» faites à la gauche du PS.
Un an auparavant, il avait refusé de signer pas la saisine du Conseil constitutionnel sur le projet de loi antiterroriste de Nicolas Sarkozy.
 
Colonel de réserve, chevalier de la Légion d'honneur, Jean-Marie Bockel, marié et père de cinq enfants, est membre du Haut conseil à l'intégration et du conseil d'orientation de la cité nationale de l'histoire de l'immigration.