La presse internationale porte un regard dur sur Ségolène Royal

Marine Aubonnet

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Pour les journaux étrangers, l’annonce de sa rupture par Ségolène Royal est un acte politique. La date de la révélation – quelques heures après les résultats des élections législatives le prouve.
 
Egocentrisme
Le quotidien suisse «le Temps» voit dans cette révélation une manifestation de l’égocentrisme de l’ex-candidate à la présidentielle. Dans un article paru mardi, le journal fustige : «Elle (Ségolène Royal) a gâché ce qui aurait dû être une belle soirée (…). Elle a déstabilisé les camarades qui espéraient fêter le gain de plusieurs dizaines de sièges aux élections législatives». Le  journaliste cite Benoît Hamon, l’un des porte-parole du PS, qui regrette la tendance à «vouloir tout ramener à soi» de l’ex-compagne de François Hollande. Le «New York Times» constate aussi que l’annonce de la rupture nuit au Parti socialiste. Une journaliste estime que «la révélation (de la rupture) (…) risque de compliquer les efforts entrepris par le PS pour se réunifier et jouer son rôle de contrepoids face au gouvernement de Sarkozy, machine puissante et bien disciplinée.»
 
Opportunisme
Pour «El País», Ségolène Royal pense avant tout à sa carrière politique. Le quotidien espagnol a choisi un titre évocateur: «Ségolène lâche du lest». Le journaliste explique: «Après sa séparation d’avec Hollande, Royal essaie de capitaliser sur le résultat du PS aux législatives et de renforcer la position de sa formation à l’Assemblée». Même constat pour le «Times» anglais, qui résume: «Royal annonce sa rupture mais son one-woman show continue».
 
La presse française pointée du doigt
L’éditorialiste du «Temps» s’interroge: alors que les journalistes étaient au courant depuis longtemps, «les électeurs n'auraient-ils pas dû savoir plus tôt, par exemple avant la présidentielle, que le couple de la candidate battait de l'aile? (…) Auraient-ils jugé Ségolène Royal différemment s'ils avaient su que son couple était une fiction». Enfin, «le Times» a été surpris  par la une du 18 juin du «Parisien» qui titrait «La rupture». Le quotidien considère que la presse française adopte peu à peu un style «anglo-saxon».