«Surprise», «victoire» ou «revers» pour Nicolas Sarkozy?

Sandrine Cochard

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Loin du tsunami bleu un temps avancé, la victoire de l’UMP aux élections législatives reste l’annonce incontournable d’une nouvelle politique en France pour la presse anglo-saxonne.

Victoire et avertissement pour Sarkozy

«Sarkozy a toute la latitude pour réformer», affirme ainsi le «Financial Time».

«Ce résultat donne certainement à Sarkozy un mandat pour impulser son ambitieux programme alliant baisse des impôts, relance de l’économie, fin de certaines protections sociales, réduction du chômage, coup de frein à l’immigration et, d’une manière générale, rendre la France plus compétitive, affirme l’«International Herald Tribune». Mais psychologiquement, le gouvernement Sarkozy a peut-être perdu un peu de son ampleur, ou de son arrogance selon ses ennemis.»

«Le président français Nicolas Sarkozy a remporté une solide majorité parlementaire pour mettre en œuvre ses réformes politiques et économiques. Mais c’est une victoire au goût amer, les électeurs lui ayant refusé le raz-de-marée électoral prévu et en rejetant un ministre important», souligne ainsi la chaîne américaine CNN.

La défaite d’Alain Juppé, principal revers UMP de ce scrutin, n’aura en effet échappé à personne. La chaîne britannique BBC News parle d’«un coup majeur» pour le parti de Nicolas Sarkozy.

Remontée inattendue du PS

Qui dit victoire modérée pour l’UMP dit remontée surprise du PS. «L’émergence d’une opposition parlementaire de gauche marque le premier hic pour le président réformiste qui a raflé le pouvoir le mois dernier et jouissait depuis d’un record de popularité,» analyse le quotidien britannique «The Guardian»

Le quotidien suisse «Le Temps» va plus loin, affirmant qu’il s’agit là d’une «contre-performance» pour Nicolas Sarkozy. Le journal espagnol «El Pais» évoque «un premier revers» pour le président.

«Comment expliquer cette énorme surprise ? s’interroge le quotidien belge «Le Soir». Moins par la mobilisation de l'électorat (taux d'abstention extrêmement élevé : autour de 40 %) que par le report, davantage sur la gauche que sur la droite, des électeurs du MoDem. Si François Bayrou a échoué dans son pari de pérenniser aux législatives son succès de la présidentielle (il était arrivé troisième avec 18,5 %), il sera au moins parvenu à jouer les arbitres. L'autre explication de ce scénario, c'est évidemment aussi le débat sur la TVA sociale.»

Pour «El Mundo», qui parle de «victoire sans marée bleue», «la gauche jouait ses dernières cartouches pour sauver la face et a profité d’un report de voix des électeurs de François Bayrou lors de l’élection présidentielle».

Si les raisons d’un rééquilibrage entre UMP et PS sont matière à spéculations, l’«International Herald Tribune» avance pour seule certitude que «La nouvelle Assemblée nationale restera irrésistiblement blanche, masculine et grisonnante.»

«Ségolène et François, c'est fini»

La séparation Royal-Hollande se creuse une place dans l’actualité politique des législatives, devenant même l’information principale du site de «La Libre Belgique» sous le titre «Ségolène et François, c'est fini».