Les enjeux d’un scrutin bipolaire

C.F. avec AFP

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Plus de 35 millions de Français sont appelés aux urnes dimanche pour désigner les 467 députés restant à élire, la principale question étant l'ampleur de la "vague bleue" attendue en faveur de l'UMP après son large succès au premier tour.
Plus de 35 millions de Français sont appelés aux urnes dimanche pour désigner les 467 députés restant à élire, la principale question étant l'ampleur de la "vague bleue" attendue en faveur de l'UMP après son large succès au premier tour. — Mychèle Daniau AFP/Archives

A trois jours du second tour des législatives, zoom sur les deux principaux partis en lice, le PS et l'UMP. Que réserve ce scrutin? Défaite ou maintien pour le premier, victoire ou triomphe pour le second?

L’UMP. Le parti majoritaire paraît en mesure de remporter dimanche l'une des plus larges victoires de la droite lors d'élections législatives sous la Ve République et de donner à Nicolas Sarkozy la forte majorité qu'il réclamait. A en croire les projections réalisées par les instituts de sondage, l’UMP, avec ses alliés du Nouveau Centre – ex-UDF-, pourrait remporter entre 400 et 463 sièges, contre 388 actuellement (UMP-UDF).

La polémique sur la «TVA sociale» ne semble pas avoir trop entamé la cote de popularité du parti du Président. Ni celle de François Fillon, qui a multiplié les charges assassines contre les socialistes. Le Premier ministre a continué à marteler que Nicolas Sarkozy avait besoin de la majorité la plus large possible pour mettre en oeuvre les réformes qu'il a promises aux Français. Tout en s'engageant à poursuivre «l'élargissement» à la gauche et au centre dès les législatives passées.

LE PS. Le Parti socialiste et ses alliés du PRG (Parti radical de gauche) et du MRC (Mouvement républicain et citoyen) obtiendraient entre 95 et 156 sièges. Pour le parti de la rose, l'enjeu majeur sera de se situer le plus près possible de l'hypothèse haute de ces projections. Avec 150 députés, les socialistes feraient en effet aussi bien que dans l'Assemblée sortante où ils disposaient, avec les apparentés, de 149 sièges. Mais il leur faudra pour cela mobiliser leur électorat, qui a fait défaut le 10 juin. L'abstention, qui a atteint 39,6% au premier tour, record pour des législatives sous la Ve République, a souvent touché les milieux et zones favorables à la gauche.

Passant outre les dissensions qui continuent à agiter l'état-major du PS après la défaite présidentielle, les socialistes ont multiplié, durant l'entre-deux tours, les appels à voter dimanche pour mettre en échec les projets de Nicolas Sarkozy. Ils ont notamment critiqué l'instauration d'une TVA sociale, qui s'est imposée comme le thème majeur de la campagne.

Cette stratégie sera-t-elle payante ? En cas de défaite cuisante, le PS règlera ses comptes sur ses contentieux internes dès le 17 juin au soir. Premier visé: le premier secrétaire, François Hollande, qui pourrait être contraint de quitter son poste avant le congrès prévu au printemps 2008. Principale intéressée: Ségolène Royal qui veut aller vite et prendre le parti dès la rentrée.

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