Les gens du voyage? «On préfèrerait tous qu’ils n’existent pas», pense le maire de Compiègne

POLITIQUE Philippe Marini, le maire (Les Républicains) de Compiègne (Oise) a créé la polémique, mardi soir, lors d’un conseil d’agglomération…

Vincent Vantighem

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Philippe Marini, le 10 février 2012 à Paris
Philippe Marini, le 10 février 2012 à Paris — Lionel Bonaventure AFP

Sur le coup, personne n’a réagi. Mais la petite phrase prononcée, mardi soir, par Philippe Marini, dans l’enceinte de la communauté d’agglomération de la région de Compiègne (Arc), commence, ce mercredi, à susciter un début de polémique.

En marge d’un débat sur le nouveau règlement intérieur de l’aire d’accueil des gens du voyage de Jaux, le maire (Les Républicains) de Compiègne a donné son sentiment. « Cette population, on préférerait tous qu’elle n’existe pas. Mais elle existe, il faut respecter la loi », selon Le Parisien.

« Tout haut ce que tout le monde pense tout bas »

L’édile assume. Contacté par Le Parisien après le conseil, il précise même sa pensée. « J’ai réagi à un débat où mes collègues avaient tendance à taxer [la communauté d’agglomération] de laxisme. Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Il faut dépenser beaucoup pour les accueillir, et parfois les faire partir. »

En clair, l’élu regrette plus « les conséquences financières et matérielles de la présence des gens du voyage plutôt que l’existence même de ces derniers », précise Le Parisien. Toujours selon le quotidien, des associations de défense des gens du voyage n’excluent pas de déposer une plainte. Il y a deux ans, Philippe Marini avait déjà déclenché une polémique en lâchant sur Twitter que l’afflux de réfugiés à Lampedusa (Italie) lui faisait « regretter la disparition du régime Kadhafi en Libye ».