Après la polémique, Valls précise ses propos sur la «guerre de civilisation»

POLITIQUE Le Premier ministre affirme que «nous ne sommes pas en guerre contre une religion»...

20 Minutes avec AFP

— 

Manuel Valls le 25 juin 2015.
Manuel Valls le 25 juin 2015. — GUILLERMO LEGARIA / AFP

Manuel Valls a tenté de clarifier ses propos lundi à Metz sur l'expression controversée «guerre de civilisation». Le Premier ministre a souligné qu'il fallait mener une «guerre de civilisation contre la barbarie», qui n'a rien à voir avec une «guerre entre les civilisations, au pluriel», car «nous ne sommes pas en guerre contre une religion».

«Il s'agit pour moi d'une guerre de civilisation, au singulier, contre la barbarie et non pas d'une guerre entre les civilisations, au pluriel», a répondu le Premier ministre à la presse, qui était interrogé sur les multiples réactions, dimanche, suscitées par son évocation d'une «guerre de civilisation» face au «terrorisme» islamiste.

Agacé

«Il faut vraiment avoir un esprit complexe pour essayer de me faire procès sur ce sujet-là», s'est-il agacé.

«Sur ces questions, il faut toujours nommer les choses. C'est la condition de la vérité et c'est toujours le premier pas pour combattre les défis qui se posent à nous. Depuis 2012 et depuis le 13 janvier, je m'astreins à nommer les choses et toujours sans stigmatiser. Nous sommes en guerre contre le terrorisme islamique, le jihadisme, mais nous ne sommes pas en guerre contre une religion», a poursuivi Manuel Valls.

VIDEO. Quand Manuel Valls utilise le terme de «guerre de civilisation»

«Le combat, a-t-il poursuivi, se situe aussi au sein de l'islam qui porte des valeurs universelles et humanistes, celles qui (sont) pratiquées par l'immense majorité des musulmans et l'islamisme radical, qui prône le jihad et qui est une idéologie totalitaire».

«Les premières victimes de ce terrorisme, du jihadisme, dans le monde, sont les musulmans eux-mêmes», a-t-il insisté.

Pour lui, «il y a donc une guerre entre la civilisation et ce totalitarisme islamiste».

«Utiliser les bons mots»

Après «l'émotion» suscitée en France par la décapitation d'un chef d'entreprise, «ma responsabilité, c'est de faire en sorte que chacun puisse se parler, puisse vivre ensemble mais à condition d'utiliser les bons mots, de ne pas esquiver les vrais débats et savoir pourquoi on se bat», a dit encore le chef du gouvernement.

«Le mot de civilisation (...) n'appartient pas aux conservateurs américains (...) Pour moi, l'islam comme porteur de message universel, l'islam de France à construire, la démocratie tunisienne, font partie d'une même civilisation. Le totalitarisme de Daech, qui égorge, tue, bien sûr, non», a-t-il dit encore.