Pas d'unité politique après l'attentat commis en Isère

POLITIQUE L'heure n'était pas à l'unité dans la classe politique française après l'attentat ...

A.B. avec AFP

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Attentat en Isère
Attentat en Isère — Diapo 20 Minutes

L’heure n’était pas à l’unité politique après l’attentat commis vendredi dans une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) : Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, critiques, ont réclamé des mesures rapides, François Hollande appelant à « l’unité » et au « sang-froid », loin des « vaines querelles ».

« L’émotion ne peut pas être la seule réponse »

Depuis Bruxelles, où il a dû écourter sa présence à un sommet européen, le chef de l’Etat a, six mois après les tueries parisiennes de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher (19 morts), promis de faire « ce que les Français attendent de nous : les protéger, et en même temps établir la vérité, éradiquer les groupes ou les individus responsables de tels actes ».

« L’émotion ne peut pas être la seule réponse. C’est l’action, la prévention, la dissuasion. Et donc la nécessité de porter des valeurs et de ne pas céder à la peur, jamais, et d’être à la hauteur de toutes les circonstances, ne pas créer de divisions inutiles, de suspicions qui seraient intolérables », a dit François Hollande.

"Prendre toutes les mesures indispensables pour assurer la protection de nos compatriotes"

Les réactions politiques se sont multipliées. Si Jean-Christophe Cambadélis (PS) a appelé les Français à rester « unis », ne pas « jouer sur les peurs » et éviter les « amalgames », le ton a été parfois très critique à droite. Nicolas Sarkozy (Les Républicains) a réclamé « toute la lumière » et que l’exécutif « tire impérativement toutes les leçons de ce nouvel attentat » par « une vigilance rehaussée ».

« Depuis plusieurs semaines, nous appelons le gouvernement à prendre toutes les mesures indispensables pour assurer la protection de nos compatriotes, dans la continuité des propositions que nous avions formulées », a-t-il dit.

Certains de ses soutiens ont été plus virulents tel le député-maire de Nice, Christian Estrosi, pour qui cet attentat « confirme une fois de plus la présence d’une cinquième colonne sur notre territoire ».

Le FN très critique

Le Front national, qui s’était retrouvé à l’écart des manifestations post-attentats de janvier, a été l’un des plus prompts à réagir. « Les grandes déclarations doivent maintenant cesser. Les marches, les slogans et la communication émotionnelle doivent enfin laisser la place à l’action », écrit la présidente du FN Marine Le Pen qui demande « immédiatement » des mesures « fermes et fortes » pour « terrasser l’islamisme ». Pour sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, « l’inaction du gouvernement est criminelle et insupportable ».

A son arrivée sur les lieux de l’attentat, Bernard Cazeneuve a répondu à ces reproches : l’auteur présumé de l’attentat a été fiché en 2006 par les services de renseignements pour « radicalisation » et était « en lien avec la mouvance salafiste ». Mais la fiche n’a pas été renouvelée en 2008, alors que la droite était au pouvoir et, a-t-il souligné, les effectifs policiers ont baissé sous le précédent quinquennat.

« Depuis des mois, le gouvernement prend toutes les mesures pour assurer la protection des Français », a insisté Bernard Cazeneuve, deux jours après l’adoption définitive par le Parlement du projet de loi controversé sur le renseignement que ses détracteurs, dont le FN, décrivent comme un dispositif de « surveillance généralisée ».

Ne pas se « laisser détourner par de vaines querelles »

Dans l’après-midi, François Hollande a lui aussi semblé répondre à Nicolas Sarkozy en lançant un appel à « l’unité » et au « sang-froid », exhortant chacun à ne pas se « laisser détourner par de vaines querelles ».

Le président PS de l’Assemblée, Claude Bartolone, a « regretté » les critiques de Nicolas Sarkozy et l’a appelé « à être à la hauteur » tandis qu’EELV a dénoncé sans ambages « l’instrumentalisation politique » par la droite de ce drame.

Certains ténors LR ont pris le contre-pied de Sarkozy en appelant à l’unité, tel Bernard Accoyer : « toute la communauté nationale doit se rassembler pour défendre notre idéal démocratique et républicain sans jamais céder à la peur et en faisant une totale confiance à nos forces de sécurité », a-t-il dit. « La France doit serrer les dents et les rangs », a renchéri François Fillon.