Waterloo: Pourquoi la France boude les commémorations

HISTOIRE Ni le chef de l’Etat, ni aucun membre du gouvernement n’assistent aux commémorations du bicentenaire de la bataille…

A.B.

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Waterloo, morne plaine, les 200 ans d'une bataille légendaire
Waterloo, morne plaine, les 200 ans d'une bataille légendaire — 20 minutes - Slideshow

Il y a 200 ans, jour pour jour et heure pour heure, Waterloo était le théâtre d’une bataille sanglante. Ce jeudi, nombreux sont ceux qui ont fait le déplacement pour célébrer le bicentenaire de la bataille.

Têtes couronnées, descendants de Napoléon et des chefs des armées française, anglaise et allemande sont tous là pour la cérémonie organisée à la ferme-château d’Hougoumont, l’un des hauts lieux de la bataille. Enfin presque tous. Pas la peine de chercher François Hollande, Manuel Valls ou un membre du gouvernement français, aucun n’a fait le déplacement.

« L’histoire est derrière nous »

Le chef de l’Etat, qui a préféré rester à Paris, est représenté par l’ambassadeur de France en Belgique. « C’est dommage », a jugé mercredi Charles Bonaparte. « Il n’y a aucune de raison d’avoir honte de son histoire. Waterloo, c’est le début d’une légende, Napoléon est un personnage mondialement connu », a estimé le descendant du frère de l’Empereur, Jérôme Bonaparte, qui s’était battu à Waterloo.

« L’histoire est derrière nous et ce n’est pas quand même une victoire », a rétorqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ce mercredi matin sur BFMTV. Tant pis pour les Belges, qui voulaient faire de ce bicentenaire « l’occasion d’adresser un message de réconciliation et d’union ».

« Pleurer de nos larmes »

Dispensé officiellement de commémorations pour cause de « présentation de la stratégie numérique du gouvernement » ce jeudi matin à Paris, Manuel Valls a ironisé sur l’absence de hauts responsables français à Waterloo.

« On nous reproche, j’entendais cela ce matin, de ne pas y être, le Président de la République et moi », afin de « pleurer de nos larmes ce moment redoutable que vécut notre pays », s’est moqué le Premier ministre au détour de son discours. « Evitons Waterloo ! », a-t-il ensuite plaisanté.

L’autre 18 juin

A Paris, où la décision de la Belgique de frapper une pièce commémorative de la bataille a eu du mal à passer, on justifie cette absence par un « agenda commémoratif chargé », centré sur l’autre 18 juin, celui de l’appel du Général De Gaulle. « On peut considérer que l’on fête cet anniversaire [Waterloo] et que l’on fête davantage les 75 ans du 18 juin 1940 », a réagi Jean-Yves Le Drian.

Ce mercredi, au moment où Philippe, le roi des Belges, préside aux célébrations de Waterloo, François Hollande, accompagné de Manuel Valls et de Jean-Yves Le Drian, dirige à Suresnes (Hauts-de-Seine) la cérémonie au Mont-Valérien à l’occasion du 75e anniversaire de l’appel du Général De Gaulle. L’occasion pour l’actrice Julie Gayet, compagne de François Hollande, d’effectuer sa première apparition à un déplacement officiel du président, « en tant que petite-fille d’Alain Gayet, Compagnon de la Libération », a précisé l’entourage du chef de l’Etat.

Sur le Mont Valérien, face à la Croix de Lorraine, François Hollande a écouté une lecture de l’appel du Général de Gaulle puis le Chant des Partisans.