Parlement européen: Marine Le Pen a enfin réussi à constituer un groupe

EUROPE Marine Le Pen « annoncera » lors d’une conférence de presse « la constitution du groupe « Europe des Nations et des Libertés »…

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen, le 10 juin 2015, au Parlement européen de Strasbourg. AFP PHOTO/FREDERICK FLORIN
Marine Le Pen, le 10 juin 2015, au Parlement européen de Strasbourg. AFP PHOTO/FREDERICK FLORIN — AFP

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a annoncé lundi par un communiqué la création d’un groupe au Parlement européen.

Marine Le Pen « annoncera » mardi à Bruxelles lors d’une conférence de presse « la constitution du groupe « Europe des Nations et des Libertés », indique-t-elle dans ce communiqué, sans préciser quels élus viendront constituer ce groupe en plus des élus FN, du PVV (Pays-Bas), du FPÖ (Autriche), de la Ligue du Nord (Italie) ou du Vlaams Belang (Belgique), qui composaient jusqu’ici la « coordination » à laquelle participait le FN.

Pas de Hongrois dans le groupe

L’Arlésienne se produit parfois : après l’avoir sans cesse repoussée, Marine Le Pen va annoncer mardi la constitution d’un groupe au Parlement européen, une victoire politique autant que financière pour la présidente du Front national. « Je viens de déposer les statuts auprès de l’administration en vue de la constitution de notre groupe », s’est félicité dans un tweet son lieutenant européen, Ludovic de Danne.

Si elle avait le nombre d’élus nécessaires (37), Marine Le Pen n’était jusque-là parvenue qu’à rassembler ses alliés « historiques » que sont le PVV, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand (Belgique). Soit seulement cinq nationalités dans cette coordination qui siégeait chez les non-inscrits, alors que pour former un groupe, il faut au moins 25 élus de 7 nationalités différentes.

Marine Le Pen a indiqué que les élus manquants ne viendraient pas de Hongrie : « Je n’ai pas changé d’avis en un an », a-t-elle rappelé, elle qui a exclu de s’allier aux élus du Jobbik hongrois et de l’Aube dorée grecque, qu’elle considère trop radicaux. Mais d’autres hypothèses étaient à l’étude : « Il y a des non-inscrits à l’état sauvage et des non-inscrits cultivés », distinguait récemment un eurodéputé frontiste.

Une source proche de la présidente du FN a laissé entendre que deux eurodéputés polonais pourraient faire partie de ce groupe, car il y a « eu beaucoup d’évolutions » au sein de ce parti d’extrême droite polonais KNP, depuis l’éviction de son sulfureux ancien président, Janusz Korwin-Mikke.

20 à 30 millions d’euros de subvention

Outre une plus grande visibilité, d’éventuelles présidences de commissions ou de sous-commissions, un groupe donne l’assurance de recevoir entre 20 et 30 millions d’euros de subventions au cours des cinq années suivantes, hors salaires et avantages des députés.

Avec la constitution de ce groupe, le parti d’extrême droite tient enfin sa promesse des élections européennes de mai 2014, où il assurait que la constitution de ce groupe serait quasi-consécutive à l’arrivée des eurodéputés à Bruxelles. D’autant que le parti était en concurrence au Parlement européen avec un autre groupe europhobe et anti-immigration, celui du patron du parti eurosceptique britannique Ukip, Nigel Farage, qui a subi une courte dissolution mi-octobre mais qui a été reconstitué.

Mais il faudra aussi que ce groupe tienne sur la durée, alors que la dernière expérience du FN au sein d’un groupe, en 2007, a été courte. « L’idéal serait d’avoir huit nationalités pour être à l’abri », relevait l’un des vice-présidents du FN, Louis Aliot.