Docu inédit sur Jean-Marie Le Pen: 27 ans après le tournage, 3 faits que vous ignorez sur lui

EXTRÊME DROITE Des extraits d’un documentaire inédit sur l’ex-président d’honneur du FN ont été diffusés sur le Web…

Coline Clavaud-Mégevand

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Jean-Marie Le Pen et un groupe d'enfants rendant hommage à Jeanne d'Arc.
Jean-Marie Le Pen et un groupe d'enfants rendant hommage à Jeanne d'Arc. — Capture d'écran Buzzfeed / Public Sénat

Samedi, la chaîne Public Sénat diffuse un documentaire inédit sur Jean-Marie Le Pen tourné entre 1987 et 1988. Selon ses auteurs Pierre Jouve et Ali Magoudi, à l’époque, la chaîne TF1 avait renoncé à le diffuser pour ne pas faire de publicité au leader du Front national.

Dans des extraits diffusés par Buzzfeed, on retrouve un chef du FN amoureux de Jeanne d’Arc, obsédé par l’immigration et n’hésitant pas à évoquer des épisodes difficiles de sa vie, comme la perte de son œil. L’occasion pour 20 Minutes de revenir sur 3 faits méconnus d’une longue carrière.

Jean-Marie Le Pen filmé entre 1987 et 1988. - Capture d’écran Buzzfeed/Public Sénat

Le vrai prénom de Le Pen

Dans le documentaire de 1988, on observe un homme politique combatif, louant les qualités « viriles » des chefs qui l’ont inspiré. Lui-même s’est toujours positionné comme un leader charismatique et belliqueux, ce qui lui a valu de nombreux surnoms comme le célèbre « menhir ». Moins connu – et moins reluisant –, l’ex-chef du FN a aussi été appelé « Borniol » alors qu’il servait en Algérie, en référence à la Maison Henri de Borniol, une entreprise de pompes funèbres… Quant à son vrai prénom, il n’est pas Jean-Marie mais… Jean. C’est lorsqu’il débute en politique qu’il en change, faisant fusionner deux de ses trois prénoms (Jean, Louis et Marie). Un atavisme familial : Marine Le Pen porte à l’état civil le patronyme de « Marion Anne Perrine Le Pen », Marine n’étant qu’un surnom.

L’avocat du divorce

Un des extraits du documentaire présente un Jean-Marie Le Pen affecté par la provocation de sa seconde épouse Pierrette, qui deux ans après leur divorce pose pour des photos dévêtues dans le magazine de charme Playboy. La séparation des Le Pen est très mal vécue par leurs 3 filles Marie-Caroline, Yann et Marine, celle-ci évoquant une mère transformée en « décharge publique ». A l’époque, l’affaire fait les délices de la presse, et les photos coquines, le tour du monde. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est le nom de l’avocat qui a représenté Pierrette lors de la séparation : un certain… Gilbert Collard. Devenu l’un des ténors du Front national, ce dernier fait partie des artisans de la chute de Jean-Marie Le Pen, qui de son côté lui voue une haine tenace, insistant sur la proximité du nom de l’avocat avec une certaine insulte.

Des amis de prestiges

On l’imagine mal aujourd'hui en sportif aguerri, mais c’est sur une planche à voile que Jean-Marie Le Pen a répondu à certaines questions de Pierre Jouve et Ali Magoudi. Ce fils de pêcheur breton amoureux de la mer s’offre dans les années 1960 un langoustier, le « Général-Cambronne ». Dessus, il embarque des compagnons de prestige : le jeune Olivier de Kersauson, ou encore son vieux camarade de La Trinité, Eric Tabarly. Et si on se souvient de la polémique lorsqu’en 2014, Serge Moati avait évoqué ses liens ambivalents avec le patriarche, d’autres ont carrément revendiqué leur relation avec lui. Parmi les plus méconnus, on trouve le réalisateur Claude Chabrol, qui fut ravi de hérisser le poil des critiques en racontant ses années d’études auprès de l’infréquentable Le Pen, avec qui il fut « copain comme cochon ».

Parmi d’autres anecdotes, on notera qu’avant la nouvelle patronne du FN, Jean-Marie Le Pen avait en 1986 effectué un voyage aux Etats-Unis où il se montra aux côtés de Ronald Reagan, ou qu’il choisit comme parain de sa fille un célèbre proxénète