Aller-retour de Valls à Berlin: La présence de deux de ses enfants alimente la polémique

POLITIQUE L'opposition se déchaîne après ces nouveaux éléments...

A.-L.B. avec AFP

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Le Premier ministre Manuel Valls dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 9 juin 2015.
Le Premier ministre Manuel Valls dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 9 juin 2015. — CHAMUSSY/SIPA

Sale temps pour le Manuel Valls.Ce mardi, la révélation de la présence de deux des enfants du Premier ministre dans l'avion gouvernemental pour aller voir la finale de la Ligue des Champions a déclenché la controverse. L’UEFA a cependant soutenu que Manuel Valls répondait à une invitation de Michel Platini pour «parler de l'Euro-2016», tandis que les ministres Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll l’ont défendu. Le locataire de Bercy a dénoncé «une fausse polémique».

L’entourage de Manuel Valls a affirmé ce mardi que le déplacement était bel et bien un voyage officiel, ce qu’a également assuré un porte-parole de l'UEFA, expliquant que le Premier ministre avait répondu à une invitation de Michel Platini pour «parler de l'Euro-2016».

«Pas de polémique»

Matignon a fait valoir qu'en dehors de la «délégation incompressible» qui accompagne Manuel Valls en déplacement officiel (agents de sécurité) il restait des places libres dans le jet gouvernemental d'une douzaine de places. «La présence des enfants dans l'avion n'ajoute strictement rien au coût de l'affrètement» de l'appareil, a-t-on plaidé à Matignon.

A l'Assemblée nationale, l'opposition n'a fait que des allusions à l'affaire. Selon un député Les Républicains (ex-UMP), cette abstention était volontaire, le parti restant mal à l'aise sur ces questions: Son dirigeant Nicolas Sarkozy a été épinglé le mois dernier pour avoir loué un avion privé entre Paris et Le Havre, un trajet de moins de 200 kilomètres.

Sans être sollicité, Manuel Valls a répondu. «Le sport a un rôle très important, grâce aux grands évènements internationaux que nous allons accueillir ici en France et le rôle du chef du gouvernement c'est de soutenir ces grands rendez-vous pour la France et je continuerai à le faire parce que c'est important pour l'image du pays, pour l'attractivité, pour la compétitivité, et pour les emplois», a affirmé le Premier ministre. «Pas de polémique, restons sur l'essentiel!», a conclut Manuel Valls.

Communication brouillonne

Dans les couloirs de l'Assemblée ou sur les réseaux sociaux, l'opposition s'est toutefois faite plus virulente.

Le député et ancien ministre Thierry Mariani (LR) a jugé que la «moindre des choses» serait que Manuel Valls «rembourse» un voyage dont le coût total peut être estimé entre 12.000 et 15.000 euros, selon une source gouvernementale.

Cette polémique et les réponses brouillonnes de l’exécutif tombent mal pour Manuel Valls, pourtant réputé pour sa communication solide et sa capacité à désamorcer les polémiques médiatiques.

Signe d’un décrochage, la popularité de Manuel Valls chute lourdement (-6 points) dans le baromètre du mois de juin Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié mardi.