Publicité pour l'alcool: La polémique sur la loi Evin en trois actes

POLITIQUE Un amendement controversé à la loi Macron pourrait permettre de faire de la publicité pour l’alcool…

F.V.

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Strasbourg, le 28 avril 2015 - Un verre de vin rosé (Illustration.
Strasbourg, le 28 avril 2015 - Un verre de vin rosé (Illustration. — Floreal Hernandez

La ministre de la Santé Marisol Touraine a appelé lundi les députés à « ne pas changer la loi Evin » encadrant la publicité pour l’alcool, qu’un amendement sénatorial a assoupli lors de la première lecture du projet de loi Macron. Retour sur la polémique en trois actes.

1. Un sénateur ex-UMP dépose un amendement à la loi Macron. Le sénateur Gérard César (Les Républicains, ex-UMP) a déposé un amendement au projet de loi Macron, examiné ce lundi, proposant de différencier information et publicité sur l’alcool. Le sénateur dit vouloir clarifier la loi et « faire la distinction entre communication et publicité sur l’alcool ». Selon RTL, « si cet amendement passe, faire condamner une personne ayant fait la promotion d’un produit, même déguisée, sera beaucoup plus compliqué ».

>> Amendement à la loi Macron : « Si la publicité pour l’alcool revenait, cela inciterait les jeunes à la consommation »

2. Claude Evin s’alarme. Dans Le Parisien, l’auteur de la loi Evin Evin encadrant la publicité pour l’alcool, l’ex-ministre PS de la Santé Claude Evin, s’est dit « très inquiet » du dépôt de cet amendement, qui pourrait être retoqué lors de la nouvelle lecture du projet de loi à l’Assemblée.

De son côté, le député PS de la Gironde Gilles Savary a dénoncé dans un communiqué la « surréaction du lobby hygiéniste » à l’amendement voté au Sénat. Cet amendement « ne remet nullement en cause, ni l’esprit, ni la lettre de la loi Evin, mais vise à éviter que, dans notre pays, dont la tradition viticole ancestrale s’est fortement imprimée dans la culture, et désormais dans notre économie et dans les rares succès de notre commerce extérieur, il devienne risqué pour un journaliste, un cinéaste ou un romancier d’évoquer nos produits vinicoles ou d’y faire référence », a-t-il justifié.

L’ensemble du groupe viticulture de l’Assemblée nationale, présidé par la députée socialiste et viticultrice Catherine Quéré (Charente-Maritime), a aussi appelé « en conscience et en responsabilité » à maintenir l’amendement voté au Sénat, au motif qu'« il garantit un cadre clair pour la survie de notre viticulture, pour le développement des projets oenotouristiques locaux », entre autres.

3. Marisol Touraine appelle à ne rien changer. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a appelé lundi les députés à « ne pas changer la loi » Evin.

« Je veux dire mon incompréhension et ma préoccupation face à l’amendement qui remet en cause la loi Evin, a-t-elle déclaré. Le débat a eu lieu, dans le cadre de la loi de modernisation de notre système de santé, entre ceux qui souhaitaient durcir et ceux qui souhaitaient assouplir la loi Evin », a relevé la ministre. Elle a « appelé chacun à prendre ses responsabilités, c’est-à-dire à ne pas changer la loi ».

Le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, tout en se disant défenseur de la viticulture, s’était lui aussi prononcé lundi matin pour le statu quo sur la loi Evin, adoptée en 1991.