Manuel Valls devant le congrès du PS pour tenter d'évacuer les interrogations

POLITIQUE Le Premier ministre doit s'expirmer devant les militants du Parti socialiste, ce samedi...

M.G. avec AFP

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Le Premier ministre Manuel Valls, lors de son arrivée à Poitiers (Viennes) ,le 5 juin 2015.
Le Premier ministre Manuel Valls, lors de son arrivée à Poitiers (Viennes) ,le 5 juin 2015. — JEAN-PIERRE MULLLER / AFP

Le Premier ministre, Manuel Valls, prend la parole samedi au deuxième jour du congrès du PS à Poitiers, où certains redoutent que le gouvernement n’oublie les choix exprimés par le vote des militants, aussitôt les portes du rassemblement socialiste refermées.

Le Premier ministre est arrivé dès vendredi soir à Poitiers pour y dîner avec des délégations étrangères invitées au congrès et doit y rester jusqu’à dimanche, façon d’exprimer des relations rapprochées et apaisées entre le gouvernement et le parti de la majorité, à deux ans de la présidentielle. « Il faut que ce congrès marque le début de la reconquête des coeurs, des esprits et de l’espérance », avait déclaré Manuel Valls le 28 mai en venant voter pour Jean-Christophe Cambadélis pour le poste de premier secrétaire.

Crainte et suspicion

Avec celui qui avait mis en garde il y a un an contre « une gauche qui peut mourir », proposé de changer le nom du parti, et utilisé l’article 49-3 pour contrer la « fronde » parlementaire, l’heure est toujours à la suspicion chez certains.

Dès la première journée du congrès, vendredi, plusieurs personnalités de l’aile gauche du PS ont exprimé ainsi leurs craintes que la « motion » ou orientation politique du parti votée majoritairement par les militants socialistes le 21 mai, avec pour signataires Jean-Christophe Cambadélis et la plupart des membres du gouvernement, Premier ministre compris, ne soit remisée au placard par l’exécutif.

L’enjeu de Poitiers est « d’éviter une nouvelle fois le grand écart entre les discours et les actes. Entre les textes que l’on approuve et la politique que mène le gouvernement », a mis en garde le député de la Nièvre, Christian Paul, porte-voix de l’aile gauche et des « frondeurs ».

« Il y a aujourd’hui deux gauches dans le PS », a ajouté devant la presse celui qui s’était présenté au vote des militants face à Jean-Christophe Cambadélis pour le poste de premier secrétaire. « L’une est d’inspiration libérale », portée par Manuel Valls, et pourtant « ce ne sont pas des positions qui ont été à proprement parler présentées aux militants socialistes.

Sur les quatre textes (motions soumises aux militants le 21 mai), aucun n’a défendu à proprement parler cette orientation-là », a concédé Christian Paul. « Et puis, il y a une autre gauche, une prochaine gauche, plus volontariste certainement », a-t-il poursuivi en reprenant à son compte le mot récent d’Alain Juppé à l’égard de Nicolas Sarkozy : « Jean-Christophe Cambadélis a le parti mais nous avons l’opinion ».

Les dissenssions réapparaissent

Les enjeux du congrès sont largement entérinés, puisque la réforme des statuts du parti a permis aux militants de voter à la fois sur l’orientation politique du parti et sur le premier secrétaire avant le congrès. Les batailles politiques étaient ainsi déminées. Mais comme d’habitude, des dissensions sont apparues vendredi entre congressistes sur la rédaction d’une « Adresse au peuple de France » qui doit être publiée dimanche et à laquelle ont été conviées toutes les sensibilités du parti.

Christian Paul, là encore, s’est inquiété d’un texte trop vague, souhaitant un document ciblant plus précisément des thèmes concrets tels que la lutte contre le chômage ou pour le pouvoir d’achat, amenant l’un des signataires de la motion majoritaire, Carlos da Silva, porte-parole du PS, à rappeler que cette Adresse devait « être fidèle à la ligne politique, à la direction politique » choisies par les militants.

Manuel Valls prendra la parole devant le congrès alors que son image a considérablement évolué chez les militants socialistes, à en croire les études d’opinion. Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié jeudi, il serait préféré aujourd’hui à François Hollande, aussi bien par les Français que par les sympathisants PS, pour représenter le PS à la présidentielle, si une primaire ouverte était organisée chez les socialistes.

Manuel Valls n’avait pourtant recueilli que 5 % des voix lors de la primaire socialiste pour la présidentielle de 2012. Au sujet de cette primaire précisément, sept Français sur 10 (71 %) estiment que « la gauche devrait » en organiser pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2017, selon un sondage Odoxa pour CQFD sur i-télé publié vendredi.