Le député Christophe Cavard quitte EELV, un parti qui «va dans le mur»

POLEMIQUE Le député du Gard fustige « l’esprit sectaire » qui gagne le parti...

20 Minutes avec AFP

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Le député écologiste du Gard Christophe Cavard va présider la commission d'enquête parlementaire sur les services de renseignement qui remettra son rapport début juin, a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué.
Le député écologiste du Gard Christophe Cavard va présider la commission d'enquête parlementaire sur les services de renseignement qui remettra son rapport début juin, a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. — Miguel Medina afp.com

Il ne mâche pas ses mots. Le député du Gard Christophe Cavard a annoncé vendredi au Monde qu’il quittait Europe-Ecologie-Les Verts, un parti « en déliquescence » qui « va dans le mur » en raison de « l’esprit sectaire » qui le gagne selon lui.

« Très déçu et en colère »

Dans un entretien au quotidien daté de samedi, Christophe Cavard se dit « très déçu et en colère » car « l’esprit de 2009 (au moment de la fondation d’EELV) a disparu ». « Des personnes comme (Cécile) Duflot et (Jean-Vincent) Placé ont eu peur et ont reproduit les mêmes mécaniques que chez les Verts », accuse celui qui rend sa carte au parti mais souhaite demeurer à l’Assemblée membre du groupe écologiste, comme l’ex-EELV Noël Mamère.

Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, a été « de ceux qui ont tué Europe Ecologie » car il ne faut pas « toujours travailler béatement avec la sphère du pouvoir », dit cet ancien communiste. Quant à la députée Cécile Duflot, dont il était proche, « elle excite beaucoup l’esprit sectaire qui a gagné le parti ». Au groupe à l’Assemblée, « ses partisans et elle sont dans la posture », en « une sorte de contre-pouvoir permanent », dit-il. La secrétaire nationale d’EELV Emmanuelle Cosse « fait tout son possible pour tenir l’équilibre général du parti », affirme Christophe Cavard.

« Faire perdre le PS »

« J’avais encore un petit espoir de voir la situation changer avec les régionales » mais « aujourd’hui, le seul enjeu des écologistes est de répondre à tel mini-courant ou à telle invective », estime Christophe Cavard. Il renonce à se présenter à ces élections en Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon sur la liste de Gérard Onesta qui passe selon lui trop de temps à la « tambouille interne ».

« Le seul sujet qui obsède les cadres, c’est de faire perdre le PS pour mieux se faire respecter », ce qui fait « gagner la droite et l’extrême droite », analyse-t-il. Il appelle « à un rassemblement de tous ceux qui souhaitent dépasser le cadre purement mécanique des partis politiques ». Ce parlementaire membre de la commission des Affaires sociales préfère ainsi les « coalitions de projets qui permettent de dépasser les frontières classiques et de retravailler avec des communistes, des socialistes, des écologistes et des citoyens ».