FN: La culture, le nouveau dossier de Marine Le Pen

POLITIQUE Le FN-RBM lance un collectif dédié à la culture, se défendant de toute censure ou idéologie…

Anne-Laëtitia Béraud

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Sébastien Chenu et Marine Le Pen, présidente du Front national, le 12 décembre 2014 à Paris.
Sébastien Chenu et Marine Le Pen, présidente du Front national, le 12 décembre 2014 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

« La culture, on n’en parlait pas au Front national. Depuis mon arrivée au FN, avec Gilbert Collard, on a voulu créer un collectif dédié à ce thème car on ne souhaite pas la laisser à la gauche ». Sébastien Chenu, ex-secrétaire national de l’UMP chargé de la culture passé en décembre 2014 au Front national, est le tout nouveau président du collectif « Culture libertés et création » (Clic), lancé ce mardi à Paris. Cette association s’inscrit dans la lignée de celles créées, depuis deux ans, par le FN-Rassemblement bleu marine en vue de la présidentielle.

Prendre le pouvoir par les idées 

En lecteur du penseur marxiste italien Antonio Gramsci, Sébastien Chenu rappelle ce mardi qu’« il faut gagner la bataille culturelle avant la bataille politique ». Au menu de ce collectif culturel frontiste : Lutter « contre la pensée unique et l’artistiquement correct » et « l’insécurité culturelle » par la défense « de l’identité culturelle » française, ou s’occuper, comme « chantier prioritaire », de « la défense du patrimoine ». Dans une formule alambiquée, le député Gilbert Collard, parrain de ce collectif, explique « qu’un jour la culture de demain sera celle d’hier ».

Face à la presse « qui aurait tort de se croire à l’abri », avertit le secrétaire général du collectif Gabriel Robin, les frontistes se défendent de toute vision « totalitaire » ou « réactionnaire ». « Nous ne sommes ni idéologues ni censeurs », se défend Sébastien Chenu ; « Nous ne sommes pas réactionnaires », ajoute de son côté Gabriel Robin, qui se désole par ailleurs de l’entrée du mot « selfie » dans les dictionnaires.

Pas de soutien public par peur « de se faire cogner dessus »

Car la culture et le Front national n’ont pas toujours fait bon ménage. Dans des mairies dirigées par le Front national dans les années 1990, des bibliothèques ont été expurgées de certains livres et des subventions aux associations culturelles ont été coupées. Un passé sulfureux balayé par les frontistes. « Il y a des a priori contre nous, mais nous voulons changer les choses », confie ce mardi Sébastien Chenu.

Regroupant une quarantaine de membres, le collectif a reçu ce mardi le soutien de Brigitte Bardot. L’ancienne actrice entretient depuis de nombreuses années des liens étroits avec le parti d’extrême droite. Quant à l’absence d’autres artistes, Sébastien Chenu l’explique par « des intérêts financiers » ou la peur de s’afficher avec des frontistes. « Il y a des comédiens qui soutiennent le FN mais ne peuvent l’afficher car sinon ils se feraient cogner dessus », explique ainsi ce proche de Marine Le Pen à 20 Minutes.