Forum européen des alternatives: Pas de convergence en vue à gauche de la gauche

POLITIQUE Alors que la première édition du «Forum européen des alternatives» s’est tenue ce week-end à Paris, l'alliance d'une gauche alternative française peine à se construire...

Anne-Laëtitia Béraud

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Au centre, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement grec et membre de Syriza, le 31 mai 2015 à Paris.
Au centre, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement grec et membre de Syriza, le 31 mai 2015 à Paris. — SEVGI/SIPA

Dix ans après le « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen, les communistes ont organisé ce week-end à Paris un « Forum européen des alternatives ». Pendant quarante-huit heures place de la République, de débats en concerts, a été trompeté le refus de l’austérité en Europe.

Aux côtés de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, ont figuré des syndicalistes et des associatifs. Parmi les politiques, ont répondu présent Jean-Luc Mélenchon, ancien chef de file du Parti de gauche, Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Pouria Amirshahi, député socialiste « frondeur », ou encore Pierre Larrouturou, coprésident de Nouvelle Donne.

Syriza superstar

Et en « guest star » européenne, est apparue Zoé Konstantopoulou, la jeune présidente du Parlement grec, membre du parti anti-austérité Syriza. Une formation que la gauche de la gauche française regarde avec admiration depuis sa large victoire en Grèce, à l’issue des législatives du 25 janvier 2015.

Le rassemblement de la place de la République avait un petit air du meeting inédit des membres de la gauche française et de Syriza, le 19 janvier 2015, quelques jours avant la victoire des radicaux en Grèce. S’étaient réunis au gymnase Japy des élus du Front de gauche, des écologistes dont l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot, et plusieurs socialistes « frondeurs ». Des espoirs avaient été formés. Mais depuis janvier, rien n’a beaucoup changé : bien que plusieurs listes EELV et Front de gauche aient été créées pour les départementales, sans grand succès, les conditions d’une victoire à la Syriza ne sont toujours pas réunies en France.

Projet enterré d’une « coalition »

Le poids du Front national dans le paysage politique français n’a aujourd’hui pas d’équivalent en Grèce. Mais la raison principale de cet échec réside en la désunion des formations françaises de gauche alternative. Les alliances ou non avec les socialistes au pouvoir, l’Europe, l’écologie et la présidentielle 2017 font partie des questions qui fâchent. Jean-Luc Mélenchon, jusqu’alors promoteur d’une « coalition » entre le Parti de gauche et Europe écologie-Les Verts pour les élections régionales de décembre 2015, a ainsi enterré son projet.

Invité de l’émission « Le Grand Jury » sur RTL, le 17 mai, l’ancien candidat à la présidentielle a accusé les écologistes de ne pas jouer le jeu, certains préférant garder la porte ouverte à un retour au gouvernement. Quant aux communistes, ils préfèrent garder la possibilité d’établir des listes d’union avec le PS au premier tour des régionales. Leur position sera définie le 10 juin, à l’issue d’un conseil national. Une stratégie qui horripile Jean-Luc Mélenchon dont les sorties ont le don d’en énerver certains. Et sans projet qui ne repose pas seulement sur le rejet de François Hollande, les gauches à la gauche du PS resteront encore longtemps éparpillées, façon puzzle.