Les Républicains: Trois choses à retenir du grand raout de la droite

POLITIQUE Les conclusions du congrès de lancement du parti des Républicains, samedi porte de la Villette...

Anne-Laëtitia Béraud

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De gauche à droite: Gérard Larcher, Alain Juppé, Carla Bruni, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, au congrès des Républicains le  30 mai 2015 à Paris.
De gauche à droite: Gérard Larcher, Alain Juppé, Carla Bruni, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, au congrès des Républicains le 30 mai 2015 à Paris. — Bernard BISSON/JDD/SIPA

Qu’importe qu’il n’y ait eu que 8.000 militants sur les 20.000 annoncés par les organisateurs, ou que la litanie des discours les ait tous assommés. Le congrès fondateur des Républicains, qui succède à l’UMP, a tenu samedi son pari porte de la Villette. La droite, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, a promis l’alternance et caché ses divisions sous le tapis. Inventaire de cette journée par 20 Minutes...

Nicolas Sarkozy sur la route de 2017

Au sein de la droite profondément divisée, l’ex-chef d’Etat, qui se pose en « rassembleur » depuis son élection à la tête de l’UMP, a réuni autour de lui ses soutiens comme ses rivaux. Avec plusieurs bains de foule, l’ex-président a montré sa popularité après de la base militante. Il a conclu la journée avec un discours offensif d’une quarantaine de minutes : Après la célébration de « la République de la confiance », il a pilonné « la gauche » qui « trahit » et « abandonne ». L’ex-chef d’Etat a enfin raillé son successeur à l’Elysée et la « terrifiante médiocrité » de François Hollande. Si ce discours fleure bon le parfum des campagnes électorales, Nicolas Sarkozy n’est pas, officiellement, candidat à quoi que ce soit. Ce qui ne l’empêche pas, d’organiser, pierre après pierre, la formation politique qu’il préside en machine à gagner pour 2017.

Les divisions momentanément reléguées au placard

A deux ans de la présidentielle, aucun des compétiteurs ne veut abîmer le parti qui pourrait le soutenir pour 2017. C’est pourquoi, samedi, d’Alain Juppé à François Fillon en passant par Xavier Bertrand ou Bruno Le Maire, les élus de droite se sont succédé à la tribune pour vanter l’unité de leur formation politique. Sous l’œil bienveillant du maître de cérémonie Nicolas Sarkozy, qui a reçu les soutiens de la chancelière allemande Angela Merkel ou l’écrivain Jean d’Ormesson. Cependant, les ambitieux ont fait résonner une musique légèrement différente de celle de Nicolas Sarkozy sur la « République ». Xavier Bertrand a insisté sur le « travail », quand Bruno Le Maire a développé son leitmotiv du « renouveau ».

Les sifflets visant Alain Juppé et François Fillon

Comme en novembre 2014, Alain Juppé a été sifflé samedi à son arrivée à la tribune. François Fillon, lui aussi candidat déclaré à la primaire 2016, a reçu le même traitement. Si François Fillon n’a pas relevé, le maire de Bordeaux a dit que cela « lui faisait de la peine », mais que cela n’entamerait pas sa « détermination ». Interrogé dimanche sur cet épisode, Alain Juppé a asséné sur Europe 1 : « Il y a toujours chez les militants quelques hystériques (…) Nicolas Sarkozy a le parti. Moi, pour l’instant j’ai l’opinion, et j’organise ma petite PME. Parfois il arrive que des PME performantes soient plus efficaces que des grandes entreprises du Cac 40 ». A bon entendeur, salut.