Congrès des Républicains: «Nicolas Sarkozy a le parti, moi j'ai l'opinion», juge Juppé

UMP L'ancien Premier ministre a de nouveau affirmé dimanche qu'il ne participerait pas à la primaire des «Républicains» (ex-UMP) en vue de 2017 si celle-ci n'était pas ouverte au centre...

D.B. avec AFP

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Alain Juppé au Congrès de Républicains LE 30 MAI 2015
Alain Juppé au Congrès de Républicains LE 30 MAI 2015 — WITT/SIPA

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, candidat à la primaire à droite pour l'élection présidentielle de 2017, n'utiliserait pas le même «vocabulaire excessif» qui «attaque les personnes», après le discours très offensif de Nicolas Sarkozy lors du congrès des Républicains (ex-UMP).

Invité, lors du «Grand rendez-vous Europe 1/iTELE/Le Monde», à commenter un passage du très offensif discours de Nicolas Sarkozy dans lequel il a parlé de la «terrifiante médiocrité» de François Hollande, Alain  Juppé a répondu: «Chacun s'exprime comme il s'entend. J'ai dit que j'étais un homme de droite ouvert et pas sectaire. Un certain vocabulaire qui fait un peu trop monter la pression, qui attaque les personnes, c'est pas mon genre de beauté».

«Je n'ai aucune espèce de pudeur à combattre le pouvoir actuel car je pense que c'est la politique menée depuis 2012 qui nous a mis dans le marasme dans lequel nous sommes aujourd'hui, mais ce n'est pas pour autant que j'utilise un vocabulaire qui n'est pas le mien», a insisté le maire de Bordeaux. Samedi, «la tonalité de certains discours m'a paru un peu vigoureuse, un peu excessive», a insisté Alain Juppé.

Une réaction mesurée face aux sifflets

Interrogé sur les sifflets qui ont une nouvelle fois accompagné son arrivée à la tribune, Alain Juppé a répondu: «je connais bien les militants. (...) Le militantisme a ses vertus. Il a aussi ses risques, le risque du sectarisme, le risque du refus de l'autre. Le risque de l'enfermement est un risque fort. Il y a toujours chez les militants quelques hystériques».

«Je ne suis pas le seul dans le parti à dire qu'il faut s'ouvrir. L'ADN de l'UMP c'est l'union de la droite et du centre. Je n'ai pas observé que Les Républicains avaient renoncé à cet ADN. Si c'était le cas, je pense que ce serait tout à fait dangereux pour l'avenir».

«Nicolas Sarkozy a le parti. Moi, pour l'instant j'ai l'opinion, et j'organise ma petite PME. Parfois il arrive que des PME performantes soient plus efficaces que des grandes entreprises du Cac 40», a également déclaré Alain Juppé

La nécessité d'ouverture au centre, une priorité pour lui

L'ancien Premier ministre a de nouveau affirmé dimanche qu'il ne participerait pas à la primaire des «Républicains» (ex-UMP) en vue de 2017 si celle-ci n'était pas ouverte au centre, ce qui n'est «pas gagné» selon lui.

«Je vais gagner la primaire. Je vais tout faire pour ça. (...) Je suis déterminé à gagner, je vois bien que les idées que je défends ont un écho important dans l'opinion publique», a-t-ildéclaré.

Le maire de Bordeaux s'est dit «confiant» mais «vigilant» en vue de l'organisation de cette primaire, actée par les instances du parti, mais a de nouveau affirmé qu'il n'y participerait pas si elles n'étaient pas ouvertes au centre. Mais «si le match, c'est les primaires des Républicains entre Le Maire et Sarkozy, ça ne marchera pas», a -t-il renchérri.

L'ancien Premier ministre a par ailleurs indiqué avoir, avec ses équipes, rassemblé environ 600.000 euros de dons pour le financement de sa campagne. «C'est modeste mais ça permet de faire fonctionner ma petite équipe. Je publierai régulièrement les sommes qui ont été ainsi collectées. Je n'ai rien à cacher».